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Aslı Erdoğan : Acquittée !

[14 février] Acquittée !

L'accusation de propagande terroriste contre Aslı Erdoğan tombe pour cause de prescription, la limite de quatre mois pour les poursuites étant dépassée (loi sur la presse), et elle est par ailleurs acquittée du chef d'accusation d'appartenance à une organisation terroriste.

Sources : P24 et Milena Buyum

Le tribunal turc a acquitté la romancière des accusations de "tentative de porter atteinte à l'intégrité de l'Etat" et d'"appartenance à un groupe terroriste", et ordonné l'abandon des poursuites pour "propagande terroriste", selon une correspondante de l'AFP.

Le Figaro

[4 février] La justice turque s’acharne

 

La prochaine audition du procès d’Aslı Erdoğan serait avancée au 14 février. L’auteure en a été informée il y a quelques semaines.
Cette fois, la peine requise est de deux à neuf ans de prison ; le chef d’accusation : la publication de quatre articles considérés comme des textes de propagande. L’un de ces textes a été publié dans le recueil Le Silence même n’est plus à toi (Actes Sud 2017), et s’intitule « Journal du fascisme : aujourd’hui ». Les trois autres textes n’ont pas été traduits en français.

À lire ci-dessous la lettre d’Aslı Erdoğan du 28 janvier 2020
 
Actuellement, Aslı Erdoğan vit en Allemagne où elle est accueillie en résidence d’écriture.
Son état de santé n’est pas bon ; elle a récemment subi deux interventions chirurgicales.
Elle est très fragilisée par ses soucis médicaux ainsi que par les attaques à répétition du gouvernement turc : une campagne de presse et de tweets a été lancée contre elle en octobre. Vraisemblablement, il y a quelques jours une « claque » a été déléguée pour siffler un spectacle inspiré de son livre Le Mandarin miraculeux et donné à Genève. Et le changement de procureur dans l’instruction de son procès constitue pour elle un nouveau motif d’inquiétude.
Ce renversement de situation confirme l’acharnement dont elle fait l’objet. Faisant semblant de l’oublier, la justice turque revient régulièrement à la charge et prouve par là son obsession à poursuivre les intellectuels turcs (journalistes, écrivains, militants des droits humains) ayant fait preuve de solidarité envers les Kurdes.


Lettre du 28 janvier 2020

« Chers amis, chers collègues,

Comme vous vous en souvenez peut-être, j’ai été arrêtée le 16 août 2016, au prétexte que j’étais membre du symbolique comité consultatif de Özgür Gündem, un journal pro-Kurde, tout à fait légal, en même temps que les deux rédacteurs en chef. Bien que nous ayons été six à faire partie du comité consultatif, seule Necmiye Alpay, linguiste et critique littéraire, a été arrêtée deux semaines après moi. Les chefs d’accusation qui pesaient contre moi étaient « atteinte à l’unité de l’Etat » (réclusion à perpétuité aggravée) et « propagande et appartenance à une organisation terroriste » (jusqu’à quinze ans d’emprisonnement). Au bout de quatre mois et demi, j’ai été libérée mais l’affaire se poursuivait.
 
On l’a laissée traîner pendant trois ans, le procureur reportant continuellement le procès. Le mois dernier, un nouveau procureur a soudain pris une décision. Il a demandé que les rédacteurs en chef, ainsi qu’Eren Keskin, Président de l’Association des Droits Humains et ancien rédacteur en chef soient jugés pour avoir été membres du PKK (jusqu’à 15 ans d’emprisonnement). Il a aussi demandé une peine de prison de 2 à 9 ans pour moi, pour quatre articles que j’ai écrits, disant qu’il s’agissait de propagande.
 
Le plus absurde est que ces articles ont été publiés en 2016 et qu’ils n’ont alors suscité ni procès ni même une enquête. En fait aucun de mes articles dans toute ma carrière n’a jamais entraîné de procès. L’un d’eux est un monologue intérieur, un texte en prose intitulé, Journal du fascisme : aujourd’hui. Il n’y a presque rien de politique dans ce texte, il est tout à fait abstrait et ne fait référence ni à un lieu ni à une époque. Il s’agit d’une description littéraire de la destruction intérieure d’un individu sous un régime autoritaire ainsi que du lourd poids qu’implique d’être témoin. En fait cet article a été inclus dans Le silence même n’est plus à toi et a été publié par plusieurs éditeurs dont Actes Sud, Penguin Knaus, Gyldendal, Ramus et Potamos notamment. Le livre a été récompensé par plusieurs prix littéraires.
 
Maintenant les éditeurs de plus de douze maisons d’édition, ainsi que plusieurs membres appartenant à des jurys littéraires sont indirectement tenus responsables de propagande terroriste. Le procureur affirme que j’ai fait des commentaires sur des « civils assassinés », alors qu’aucun « civil » n’a jamais été assassiné et que donc j’essaie de représenter les membres du PKK assassinés comme des « civils », en conséquence de quoi je fais de la propagande, etc. Je suis certaine que ces éditeurs ne savent même pas pour quelle organisation ils sont censés avoir fait de la propagande !
 
Mais l’attaque contre mon œuvre littéraire ne s’arrête pas là. L’un des articles qui figure dans mon dossier s’intitule « Le plus cruel des mois : avril », en référence à T.S Eliot. Il décrit la mort d’un chien errant dans une ville entièrement en ruines. Étrangement, aucun des articles où je décris comment des civils ont été effectivement massacrés ne figure dans le dossier.
 
Le procès est pour très bientôt, avant qu’aucune vraie solidarité ou réaction forte n’ait le temps de s’organiser : le 14 février, jour de la Saint-Valentin.
 
J’en appelle instamment à vous pour que vous protestiez contre ce qui attaque très gravement la liberté d’opinion, d’expression et bien plus… La Turquie a lancé une guerre totale contre les Droits Humains, la littérature et pire encore, la CONSCIENCE, par son insistance à me poursuivre.
 
Mes salutations,
 
Aslı Erdoğan »
Texte traduit pat Cécile Oumhani, membre du PEN français et du Parlement des Écrivaines Francophones.

 

Signer la pétition

 

[22 juin] Quatrième audience du procès

Aujourd’hui 22 juin 2017 a eu lieu la quatrième audience du procès de l’écrivaine turque Aslı Erdoğan. Le tribunal a reporté le jugement à une nouvelle audience, le 31 octobre prochain. Aslı Erdoğan reste en liberté conditionnelle mais l’interdiction de quitter la Turquie dont elle était frappée, a été levée.

 

[9 mai] Aslı Erdoğan reçoit le prix de l’European Cultural Foundation

Le 9 Mai 2017, le prix de l’ European Cultural Foundation a été décerné à Aslı Erdoğan par la Princesse Margriet de Hollande, à Amsterdam, au cours d’une cérémonie qui récompense quatre artistes ayant contribué à l’unité culturelle de l’Europe. Toujours assignée à résidence à Istanbul, Aslı Erdoğan était représentée par Timour Muhidine, directeur de la collection “Lettres turques” chez Actes Sud, qui a lu le texte qu’elle a écrit pour l’occasion :

« Votre altesse, chers lauréats, chers collègues et amis, chers invités,

C’est au nom de la Turquie que je vous prie de me pardonner, puisque le régime actuel a limité la capacité de déplacement de centaines de milliers de personnes et n’a pas autorisé un écrivain à assister à la remise d’un prix aussi prestigieux. Je vous prie donc d’accepter mes excuses et remercie toute l’équipe de la Fondation européenne pour la culture, mon éditeur Timour Muhidine et mes agents littéraires Laure Pécher et Pierre Astier pour tous les efforts qu’ils ont déployés pour combler mon absence.

Je suis vraiment honorée et heureuse de recevoir le Prix Princesse Margriet de la Fondation européenne pour la culture et remercie tous les membres du jury d’avoir pris mon œuvre en considération dans ce cadre. Il m’est pratiquement impossible d’exprimer ma gratitude pour la solidarité dont le monde littéraire et artistique a fait preuve, pour l’intérêt montré par les écrivains comme les lecteurs. Cela aura été mon seul lien,jamais rompu, avec la Vie et il a confirmé l’espoir que je place dans la capacité de transformation de l’Art et ma conviction que la parole constitue une résistance et une résurrection. La littérature est depuis longtemps semblable à un miroir brisé : certains d’entre-nous essayent encore de recoller les morceaux, errant au milieux des débris revenus à l’état de sable, cherchant un grain de « vérité » et un moment de « bonheur » que seule une main pleine de sang peut saisir. Mais le miracle du « mot » est éternel et se trouve dans le fait qu’il est incomplet à jamais, condamné à ne jamais être exprimé.

J’ai consacré ma vie d’écrivain à formuler la blessure, le vide et la victime. C’est pourquoi je dédie mon prix aux cris silencieux de toutes les victimes, celles aussi qui se cachent en nous. Sans leurs hurlements et leurs récits, notre Parole et donc notre monde serait encore plus privé de sens. »

Aslı Erdoğan

http://www.culturalfoundation.eu/library/communique-de-presse-2017-pma

 

[30 avril] Allocution transmise et lue à la soirée de lancement du Salon "Colères du présent" à Arras

« Je vous remercie sincèrement pour votre invitation. Bien que je ne puisse être présente, ma voix pourra peut-être vous parvenir à travers ces quelques phrases…

Comme vous le savez, je suis encore « prisonnière » : le régime d’oppression qui règne en Turquie a décidé de maintenir une situation de type purgatoire pour afficher son pouvoir illimité. Et dans mon purgatoire, j’entends les cris des damnés qui ressemblent à des bordées d’injures et les éclats de rires bruyants de foules excitées par le lynchage.

On m’a désignée comme la sorcière à brûler en raison de ces phrases écrites pour dénoncer les atrocités que le régime - à l’instar d’autres régimes - a perpétré… J’ai été montrée du doigt simplement parce que je me suis efforcée d’être la « voix » de la victime sans laquelle l’histoire humaine n’a aucun sens (Et maintenant ma voix vous parvient comme celle d’une autre victime). A notre époque de post-vérité, nous pouvons difficilement formuler l’expression « histoire humaine » sans esquisser un sourire ou pousser un soupir. Mais cette expression est un appel en luimême, peut-être le plus beau de tous les appels. Après une vie de combat avec les mots, confrontée au vide entre et à l’intérieur des mots et, placée dans ce purgatoire, j’ai réalisé que l’Enfer est un lieu dénué de beauté ou de sens. « Que reste-t-il d’un humain privé d’histoire si ce n’est un éclat de rire inapproprié… »

Aslı Erdoğan

http://www.coleresdupresent.com/salon-du-livre/

 

[25 avril à 20h] Maison de l'arbre (Montreuil)

Veillée pour Aslı Erdoğan

Lecture de textes extraits de ses cinq livres édités chez Actes Sud.

Par dix acteurs des Ateliers RL

La Parole errante, à la maison de l'arbre, 9 rue François Debergue à Montreuil.

 

 

[27 mars à 20h] Mairie du 2e (Paris)

Aslı Erdoğan, une voix en résistance : Le silence même n'est plus à toi
Présentation et lectures d'Harold David à la Mairie du 2e au 8 rue de la Banque 75002, Paris.
À l'occasion de cette soirée, des lectures issues du livre Le silence même n'est plus à toi, recueil de certains des articles qui lui valent sa condamnation.

 

 

[14 mars] Liberté provisoire. Procès en cours

le tribunal a repoussé le jugement à une nouvelle audience le 22 juin. Aslı Erdoğan est toujours en liberté conditionnelle.

 

 

[14 mars à 19h30] Librairie Millepages (Vincennes)

Lectures par un collectif d’acteurs professionnels, membres de l’Atelier de recherche, créé par la Compagnie RL (René Loyon).

 

 

[11 mars à 18h00] Foire du livre de Bruxelles

Lecture musicale, en soutien à Asli Erdoğan
Avec Claire Bodson, Serap Güven et Sibel Dincer

En écho à la soirée organisée en janvier dernier par les Midis de la poésie à la Bellone, deux comédiennes accompagnées par une violoniste lisent, en français et en turc, des extraits de Bâtiment de pierre. Emprisonnée en août 2016 pour avoir soutenu la minorité kurde et dénoncé les atteintes aux libertés publiques en Turquie, Asli Erdoğan est libérée fin décembre mais ne peut quitter le pays, dans l’attente de son procès.

Foire du Livre de Bruxelles : Tour & Taxis – Avenue du Port, 86C – 1000 Bruxelles

 

 

[9 mars à 18h30] Café-Diplo (Metz)

Sur l'œuvre et la persécution pénale de l'écrivaine turque. Rencontre avec Timour Muhidine, enseignant de littérature turque (Inalco), traducteur et directeur de la collection "Lettre turques".

petite salle des Coquelicots, 1 rue Saint-Clément à Metz

 

 

[7 mars à 19h30] Librairie Les Oiseaux rares (Paris 13e)

Lecture par les comégiennes Noële Bordeaux, Bernadette Pivot et Anne Triomphe, de l'atelier de recherche de la compagnie.

 

 

[24 février à 19h30] Anis-Gras le lieu de l'autre (Arcueil)

Soirée dédiée à Aslı Erdoğan, organisée par la Cie UN EXCURSUS

14 comédiens professionnels accompagné par l'orchestre LIRE ICI - DIRE LA liront des textes d'Aslı Erdoğan ainsi que des poèmes de Nazim Hikmet, Georges Séféris, Pablo Neruda, Marina Tsvetaeva et Andrée Chedid
Avec : Anne Alvaro, Arlette Bonnard, Barbara Bouley, Rébécca Dereims, Marie Desgranges, Catherine Fourty, Nathan Gabily, Raffaella Gardon, Claudie Guillot, Dominique Journet Ramel, Eric Louis, Ana Karina Lombardi, Ege Olga et Mirabelle Rousseau.
En présence de Tieri Briet, écrivain.

 

 

[21 février à 19h] Espace des femmes - Antoinette Fouque (Paris 6e)

Sterenn Guirriec, comédienne, metteuse en scène, lira des extraits de Le silence n'est plus à toi. En présence de son amie, écrivaine et poète Cécile Oumhani.

 

 

[février] Lectures en Bretagne

Lectures des textes d'Aslı Erdoğan et rencontre avec Tieri Briet

Mercredi 8 février à 18h30 La Petite Librairie. 4 bis rue Danton à Brest

Jeudi 9 février à 20h Maison Louis Guilloux. 12 rue Lavoisier à Saint-Brieuc

Vendredi 10 février à 19h Librairie Planète Io. 7 rue Saint Louis, à Rennes

Mardi 14 février à 19h Librairie A Pleine Voix. 9 rue Basse, à Morlaix

Mercredi 15 février à 18h Librairie-café Livres in Room. 29 rue général Leclerc, à Saint Pol de Léon

Jeudi 16 février à 21h Café Théodore à Kerguerwen

Vendredi 17 février à 20h30 Librairie-café L'Ivraie, avec l'association Rhizomes, à Douarnenez

 

 

[février] Lectures dans les Landes

Mercredi 15 février à 18h30 Librairie Le Vent Délire. 5 rue du Général de Gaulle 40130 Capbreton

Mercredi 8 février à 18h30 Librairie Caractères. 17 rue du Maréchal Bosquet 40000 Mont-de-Marsan

Mardi 7 février à 18h30 Editions Passiflore. 93 av. Saint-Vincent-de-Paul 40100 Dax

 

 

[21 janvier à 17h] Au festival Le Livre à Metz

Salle Claude Lefèbvre à l’Arsenal. Rencontre avec Timour Muhidine, animée par Francis Kochert et ponctuée extraits lus par la comédienne Amandine Truffy.

Site du festival

 

 

[19 janvier à 19h] Soirée-événement à la BPI, Centre Georges Pompidou (Paris, 4e)

 

Présentation de l'œuvre d'Aslı Erdoğan par Timour Muhidine, directeur de la collection "Lettres turques" chez Actes Sud.

Lecture d'extraits de son dernier ouvrage paru le 4 janvier 2017 : Le silence n'est même plus à toi, traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes.

Projection du film inédit : Aslı Erdoğan. Aventurière entre le ciel et la mort, d'Osman Okkan, 2016, 30' suivie d'une discussion avec le réalisateur Osman Okkan, Timour Muhidine, éditeur, Julien Lapeyre de Cabanes, traducteur et Nora Šeni, professeure des universités à l'Institut français de Géopolitique, Paris 8

 

 

[14 janvier] Journée de soutien à la librairie Maupetit (Marseille)

10H - Atelier Phil’Osons : A qui appartient le pouvoir ?
11H - Obsession Textuelle : L'identité Turque ? Table ronde avec Jean Kehayan, Olivier Bertrand et Patrick Coulomb.
16H - Rencontre pour Aslı Erdoğan avec Pierre Astier (Agent littéraire), Timour Muhidine (Spécialiste de littérature turque contemporaine, directeur de la collection "Lettres turques" chez Actes Sud), Eva Chanet (Editrice chez Actes Sud).
10H - 19H : Relais lecture du texte "Le Silence même n'est plus à toi", chroniques à paraître le 4 janvier 2017 dénonçant les atteintes à la liberté d'opinion. Ce relais lecture aura lieu grâce aux étudiants de l'ERAC qui ont accepté d'animer la librairie en donnant leurs voix à ces textes et en invitant les personnes qui voudraient y participer.

Evénement sur Facebook

 

 

[13 janvier à 19h] Soirée-rencontre à La Garance - Cavaillon (84)

Lectrices et lecteurs : Simone Molina, Annie Drimaracci, Aude Briet, Olivier Barrère, Bruno Gerbi
Débat avec Teri Briet
Intermèdes musicaux : Sylvie Aniorte-Paz, Dominique Ottavi

En collaboration avec la médiathèque La Durance et en présence de la librairie le Lézard amoureux.

 

 

[4 janvier, en librairie] Le silence même n'est plus à toi

 

Dans l’un de ses derniers livres parus en France, Aslı Erdoğan évoquait déjà ce lieu effrayant entre tous, le “Bâtiment de pierre” – autrement dit la prison de Bakırköy à Istanbul. Or voici qu’en août 2016, à la suite de la tentative de coup d’État de juillet, la romancière turque est arrêtée et s’y trouve incarcérée. Son délit : avoir écrit dans un journal pro-kurde (Özgür Gündem) pour clamer son indignation et dénoncer toutes les atteintes à la liberté d’opinion. Depuis lors, la situation en Turquie s’aggrave et Aslı Erdoğan – entre autres intellectuels, journalistes et universitaires – encourt une condamnation aussi infondée qu’inacceptable.

 

Ce volume rassemble quelques-unes des chroniques qui lui ont valu cette accusation. Le lecteur y retrouvera l’exigence poétique d’Aslı Erdoğan, son amour de la liberté, sa lucidité et la beauté de sa langue. Que ce livre puisse briser l’étau du silence : tel est désormais le voeu de ses éditeurs, en France et à l’étranger, partout où son oeuvre a droit de cité.

 

 

 

 

 

[29 décembre] Liberté provisoire. Procès en cours

Aslı Erdoğan est en liberté conditionnelle jusqu'au 14 mars, date de la reprise de son procès.

Entretien à lire sur Le Point (par Valérie Marin la Meslée 03.01.2017)

Asli Erdogan : "Je n'étais absolument pas préparée à devenir un symbole"

 

Entretien à lire sur RFI (par Stefanie Schüler 01.01.2017)

Aslı Erdoğan : «Pour défendre la liberté d’expression nous devons nous unir.»

 

Sur la chaîne Kedistan (01/01/2017)

 

 

[19 décembre, Télérama] Adèle Haenel lit une sélection de textes

 

 

 

[12 décembre à 20h] Soirée de soutien à la Maison de la poésie (Paris 3e)

 

Soirée de soutien et de solidarité à Aslı Erdoğan, soutenue par le CNL et en présence, notamment, de Mine Aydoslu, la mère d’Asli Erdoğan, Françoise Nyssen, Présidente d’Actes Sud, Timour Muhidine, son éditeur, Yiğit Bener, écrivain, traducteur et interprète turc, Pierre Astier, son agent littéraire, Emmanuelle Collas, directrice des Editions Galaade et Selin Altiparmak, comédienne. Cette soirée sera animée par le journaliste Christian Tortel et la comédienne Sophie Bourel lira des textes du recueil à paraître le 4 janvier, Le Silence même n’est plus à toi.

Diffusion également d’un film d’animation d’Eren Topcu, Chroniques du fascisme, AUJOURD’HUI.

 

 

[décembre-janvier] Lectures

Le 13 janvier 2017 à 18h, La Libairie L’Esperluète à Chartres organisera une lecture de textes.

Le 12 décembre 2016 à 17h, La Machine à Musique à Bordeaux organisera une lecture de textes.

Le 12 décembre 2016 à 18h, à l'espace LCause à Brest : Les comédiens Genneviève Robin, Guy Abgrall et Françoise Bachelier liront des extraits du Bâtiment de pierre, accompagnés au violoncelle par Marie-Pierre Pinard.

Le 11 décembre 2016 à 16h, La Librairie Maupetit à Marseille accueillera le collectif « piedebiche » pour une lecture d’extraits du Bâtiment de pierre ainsi qu’une projection photographique.

Le 10 décembre 2016 à 17h, au Théâtre de la Bastille à Paris, la comédienne Clotilde Hesme donnera une lecture du Bâtiment de pierre d’Asli Erdoğan.

 

 

[décembre] Lire pour qu'elle soit libre

Dans les librairies suisses, du 1er au 24 décembre, tous les jours à 18h, lectures publiques du Bâtiment de pierre d'Aslı Erdoğan. Une initiative de l'association La Maison éclose, avec le soutien de Amnesty International​.

 

 

 

 

[novembre] Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, dans le cadre d’un entretien accordé à Livres Hebdo le 10 novembre, a qualifié « d’intolérable » son maintien en détention.

 

 

[octobre] Allocution de soutien à Aslı Erdoğan, lue à la Foire du livre de Francfort, le 19 octobre 2016

« Evet, Aslı yalniz degilsin. Yalnız kalmayacaksin. Oui, Aslı, tu n'es pas seule.

Aucun auteur ne mérite d'être jeté en prison à cause de ses écrits.

Personne n’ignore que ce fut le cas, au long du siècle précédent, dans beaucoup de lieux au monde, mais qui pouvait imaginer que cela arriverait de nouveau, il y a deux mois, à une romancière, en Turquie ? Aslı Erdoğan, écrivaine centrale de la littérature turque, collaboratrice de différents journaux sur le thème des minorités, a fait la preuve de son courage : elle s'est engagée du côté des opprimés et n’a cessé de dénoncer les défaillances de l'État.
Tout en accomplissant son œuvre de romancière et de nouvelliste (mais sans se contenter de rester à sa table d'écrivain) elle a pris le parti des oubliés et des faibles, déchirés entre les guerres, le terrorisme et la répression de l'État. C'est sa fierté.
Qu'aimons-nous en elle ? Il semble que l’on ait oublié ses qualités et son talent d'écrivaine, pour se focaliser sur la prisonnière. Quand elle apparut, au début des années 90, sa voix a été immédiatement perçue comme d'une originalité remarquable.
Puis, à travers ses romans, et nouvelle après nouvelle, elle a imposé sa “petite musique”.
Elle a toujours innové, et continue, ce qui n'est pas le moindre de ses talents, à travers ses oeuvres de fiction, introduisant des portraits de femmes issues de tous les niveaux de la société, femmes en souffrance et en décalage avec leur environnement social, avec les comportements attendus, étranges voyageuses au Brésil ou dans la Mitteleuropa. Elle a inventé des paysages nouveaux en bordure du monde, comme celui que traverse le groupe de trekkers dans le récit Les Oiseaux de bois (Tahta Kuşlar).
Nous découvrons aujourd'hui ses articles écrits avec force et poésie, dont certains parurent dans le journal auquel elle est accusée d’avoir contribué. Puissamment politiques, profondément critiques et totalement convaincants !

Mais le plus important, c'est de redire que ses articles n'ont rien à voir avec l'écriture militante ordinaire.
Ce sont de purs bijoux, une poésie en prose sur un paysage de souffrance et de terreur.
Parfois, ses textes approchent l'écriture apocalyptique et somptueuse des poèmes de Rilke, auquel elle fait si souvent allusion et que si souvent aussi elle cite.

La Turquie vaut mieux que l'image que nous avons d'elle. Quoique problématique à plusieurs titres, ce pays n'a jamais cessé de donner de nouvelles générations d'auteurs et d'artistes qui ont, à travers leurs ambitions créatrices, combattu pour exister, pour imposer de nouvelles formes littéraires et défendre leur vision de l'humanisme. C'est pourquoi nous déplorons que ce pays dont nous avons, en tant que maison d'édition, promu la littérature depuis 15 ans, le pays dont nous continuons de soutenir avec foi la littérature, le pays qui régulièrement se plaint de sa mauvaise image à l'étranger, en est arrivé à ce point. Insensé, et cruel.
Nous savons que les conditions de sa détention, loin de s'être améliorées, ont au contraire empiré.
La meilleure chose que ses amis et ses éditeurs étrangers peuvent faire est de continuer d'exiger sa liberté. Des voix s’élèvent depuis la Turquie la Norvège, l'Italie, la France, l'Allemagne, la Pologne (et sûrement d'autres encore) et elles ne se tairont pas : nous réclamons le retour d'Aslı Erdoğan à une vie normale, il n'y a pas d'autre solution.
Et nous ne baisserons pas les bras. »

Timour Muhidine, directeur de la collection Lettres turques

 

À l'initiative de l'agent Pierre Astier, une cinquantaine de professionnels du livre se sont réunis dans l'un des salons de la Foire de Francfort, mercredi 19 octobre, pour affirmer leur soutien à Aslı Erdoğan, emprisonnée à Istanbul depuis le 16 août.

[Lire l'article sur Livres Hebdo]

 

 

[août] La romancière turque Aslı Erdoğan arrêtée et incarcérée

Aslı Erdoğan, l’une des voix les plus importantes de la littérature turque contemporaine, a été arrêtée à son domicile dans la nuit du 16 au 17 août.

Romancière et nouvelliste, Aslı Erdoğan (dont le patronyme, courant en Turquie, n’a pas de lien avec le président du pays) est également une intellectuelle engagée, membre de la rédaction de Özgür Gündem, un quotidien soutenant les revendications des Kurdes, et dont la 8ème cour criminelle d’Istanbul a ordonné le 16 août, la fermeture et l’arrestation de ses collaborateurs.

Mise en garde à vue au Bureau de lutte contre le terrorisme de la Sécurité turque, puis transférée à l’hôpital, certainement à la suite d’un malaise, Aslı Erdoğan a été déférée au tribunal le 19 août sur la base de trois chefs d’accusation : « propagande en faveur d’une organisation terroriste », « appartenance à une organisation terroriste », « incitation au désordre ».

À ce jour, Aslı Erdoğan a quitté la garde à vue et a été placée en détention dans la prison stambouliote pour femmes, Barkirköy.

 

 

 

« En ce qui concerne les écrivains, on s’interroge encore plus : pourquoi s’en prendre à ces voix sincères et talentueuses qui font honneur à la culture turque d’aujourd’hui ? Cela ne rapportera rien, c’est un mauvais calcul et une publicité désastreuse pour un pays qui se plaint toujours de souffrir d’une image négative. Et puis, méfiez vous des femmes fragiles ! Aslı Erdoğan ne l’est qu’en apparence et ce n’est pas demain qu’elle cessera de porter un regard critique sur le monde. »

 

Timour Muhidine, enseignant à l’INALCO, directeur de la collection “Lettres turques” chez Actes Sud, extrait d’un article paru dans Le Monde diplomatique, le 19 août 2016.

 

 

 

Aslı Erdoğan, née en 1967, vit à Istanbul où elle intervient dans le champ politique, notamment pour défendre les droits de l’homme.

Physicienne de formation, elle a travaillé au Centre européen de recherches nucléaires de Genève. Elle a vécu et travaillé deux ans à Rio de Janeiro.

Actes Sud a publié La Ville dont la cape est rouge (2003), Le Mandarin miraculeux (2006), Les Oiseaux de bois (2009) et Le Bâtiment de pierre (2013).

Le 4 janvier 2017 paraîtra Le silence même n'est plus à toi, recueil de chroniques traduites du turc par Julien Lapeyre de Cabanes. Ce recueil rassemble vingt-neuf textes d’Aslı Erdoğan parus au cours des dix dernières années dans le journal Özgür Gündem, quotidien soutenant les revendications kurdes et dont la 8ème cour criminelle d’Istanbul a ordonné le 16 août, la fermeture et l’arrestation des collaborateurs. Ces chroniques politiques, réflexions sur l’écriture et l’exil, essais sur les actions gouvernementales, les pesanteurs archaïques et les clichés à l’œuvre dans la vie quotidienne en Turquie, éclaireront le profil d’essayiste engagée d’Aslı Erdoğan et permettront de comprendre pourquoi l’auteur, victime de la chasse aux sorcières déclenchée en juillet 2016, est actuellement en prison. Son écriture toujours soignée et traversée de fulgurances poétiques trouve ici un autre terrain d’expression que le roman, non moins convaincant.

Le recueil Je t'interpelle dans la nuit (en version bilingue turc-français) est quant à lui publié aux Editions de la MEET (Saint-Nazaire) en 2009. Lauréate de nombreux prix, elle est également traduite en anglais, allemand, italien et suédois, norvégien et arabe et incarne le rayonnement de la nouvelle littérature turque, celle de la génération d’après Orhan Pamuk. Elle figure aux côtés de cinq autres auteurs dont Yachar Kemal et Orhan Pamuk, dans un documentaire tourné par Osman Okkan pour ARTE.