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Humeur noire



C’est lors d’une visite au musée d’Aquitaine de Bordeaux, dans l’exposition consacrée à la traite négrière, qu’Anne-Marie Garat tombe en arrêt devant un certain cartel aux termes pour le moins équivoques. Né d’une colère qui aurait pu rester passagère, ce livre revient, avec toute l’honnêteté et l’énergie qu’on connaît à son auteur, sur l’humeur noire qui s’installe, qu’elle a beau raisonner, jusqu’à ce qu’elle vire à l’obsession, ouvrant sur une infinité de questionnements. Aux premiers rangs desquels le rapport d’une ville à son histoire, l’amnésie ou le mensonge collectif, le très actif et toxique déni du passé esclavagiste et colonial. Réflexion qui interroge aussi et autant son propre rapport, intime et conflictuel, à sa ville natale, à son appartenance et donc à son enfance, sa famille, sa propre trajectoire. Et, bien sûr, le nerf de la guerre pour un écrivain : les mots, le langage, leur rôle et leur puissance ou leur nuisance dans nos représentations de l’Histoire et de la vérité. Où se vérifie que tout est lié, que tout importe au même titre.


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La Bordelaise se crispe magnifiquement sur les silences de sa ville natale, habile à détourner les réalités de son histoire. (…) Tous ces déracinés logeaient dans le quartier Saint-Seurin, peuplé d’affranchis noirs et de métis. (...) « Humeur noire ». Quelle métaphore fabuleuse. Quelle trouvaille ! L’humeur noire, la colère de l’auteure. L’humeur noire de l’atrabile. L’humeur noire du mélancolique. Mais aussi cette ténébreuse feinte de Bordeaux qui a su flatter les imaginations avec l’évocation exotique des cargaisons venues des îles lointaines, le sucre, le cacao, le coton, l’indigo, la vanille ou le café. En taisant le reste. (…) Et là, le texte d’Anne-Marie Garat devient absolument flamboyant.

Isabelle de Montvert-Chaussy, SUD-OUEST

Une réflexion profonde aux accents de brûlot. (...) Elle se pense sans peur sur l’histoire maquillée de sa ville natale, et bien au-delà.

Muriel Steinmetz, L'HUMANITÉ

Alerte, éruptif, mordant dans sa forme autant que rigoureux et documenté sur le fond, Humeur noire n’est pas seulement l’expression d’une colère blanche. Riche de ses réflexions sur les enjeux de mémoire et de transmission, sur l’éthique du langage et le pouvoir des mots et de la lecture, il s’affirme aussi comme un formidable livre de combat.

Christine Rousseau, LE MONDE DES LIVRES

Après la lecture d’un cartel minimisant l’esclavage à Bordeaux, Anne-Marie Garat entre dans une « Humeur noire » et donne un livre nécessaire. (...) Ce livre d’humeur semble loin de sa production romanesque qui est l’essentiel de son oeuvre. Pas tant que cela : il réunit quelques-unes des obsessions fondamentales qui la traversent tout entière.

Pierre Maury, LE SOIR

Ce « livre-éruption », comme l’appelle l’auteur, décrit avec sensibilité et justesse le rapport très personnel que chacun entretient avec l’Histoire. Magnifique et nécessaire !

Gérard de Cortanze, HISTORIA

De bien des livres, on se demande pourquoi diable quelqu’un a éprouvé le besoin de les écrire. Qu’il est bon d’en lire un animé d’un sentiment vrai : la colère ! Saine de surcroît (...). En sort cet ouvrage à la fois intime et historique, décrivant les navires négriers, traçant le sort d’esclaves entre Saint-Domingue et Bordeaux, telle Modeste Testas qui y a sa statue, démontant les euphémismes du texte muséal.

François Montpezat, LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE

Humeur noire est un récit formidable !

Elisabeth Quin, 28 MINUTES

En décortiquant avec autodérision et lucidité sa propre obsession d'écrivaine, Anne-Marie Garat signe un livre étonnamment personnel (et réjouissant) mêlant les traces d'une histoire collective - qu'elle retrace avec brio - et d'une mémoire intime enfin réveillée.

LES ECHOS JUDICIAIRES DE GIRONDE

(...) d’un long récit où se tirent les fils du passé de la ville, mémoire officielle et face cachée, pelote sans fin d’où l’autrice dévide également, étroitement mêlés ses souvenirs et ses origines.

AQUI

Son livre se veut un virulent plaidoyer contre l’amnésie et le déni qui ont occulté durant des siècles les questions du colonialisme et des traites. Elle en retrace les grandes lignes en France et dans sa ville. Et se penche sur l’itinéraire de deux esclaves, Modeste Testas et Marie-Louise Charlesqui toutes deux échappèrent à leur triste sort. Le salutaire coup de gueule d’Anne-Marie Garat qui s’inscrit dans le mouvement Black Lives Matter permet de sonder les marécages d’une mémoire boueuse.

Claire Julliard, L'OBS

Dans son style caractéristique, celui de la phrase longue, celle d’un flot de mots porté par la houle, une mer démontée par la colère devant l’édulcoration et l’aseptisation de la réalité au sein d’une institution muséale, reflet d’une société enchaînée à son tour par le politiquement correct, ce qui, au départ, n’était qu’une indignation écrite s’est transformé en livre : celui d’une protestation légitime devant le sort réservé par le présent et la représentation du passé aux plus faibles.

LE VIF / L'EXPRESS

Aimant serpenter dans les méandres de la pensée, adepte des réflexions vagabondes, la romancière mêle sa propre subjectivité à ses recherches documentaires et sa rigueur professorale. Indignée par la cruauté de l’esclavage comme atteinte à la dignité humaine, elle fustige les aveuglements de sa ville natale et les édulcorations de son passé négrier.

Diane Gautret, FAMILLE CHRETIENNE

La « tartufferie du vocabulaire », qui confine aux mensonges historiques, déclenche la colère de l’auteure. Anne-Marie Garat apporte ses réponses, point par point, dans un essai historique ultra documenté.

L'ALSACE

Humeur noire est tout à la fois manuel d’histoire, texte autobiographique, réflexion sur le rôle des musées à l’heure de Black Lives Matter et portrait en contre d’une capitale – « mesquine en ses élégances british, hargneuse en ses répugnances, corsetée même quand elle festoie ».

Ludovic Lamant, MEDIAPART

Pour sonder les marécages de ce flou historique, elle dissèque d’abord avec une obsession de linguiste et d’écrivain, les mots édulcorés que l’on employait et que l’on emploie toujours : (…), les tournures grammaticales cyniques (…), les euphémismes hypocrites (…)... Bref, tout ce qui peut minimiser ou banaliser le racisme, l’exploitation de l’homme par l’homme et les exactions du passé.

Marie-Aimée Bonnefoy, LA CHARENTE LIBRE