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Banc



Un être apparaît sur un banc d’église. Sans âge, ni sexe, ni même couleur clairement identifiables, l’apparition demeure aussi mutique qu’irréductible. "Banc" observe comment l’irruption de l’étranger absolu dans une communauté bien sous tous rapports et très attachée à sa propre bienveillance, peut suffire, en soi, à fracasser les apparences fragiles de la perfection. Et les meilleures intentions.
Roman-ovni pour personnage-alien, "Banc" se lit comme une sorte d’interrogatoire en miroir, un dialogue de sourds, tout en perplexité. Un constat glaçant et une tentative d’évasion face aux impasses de la générosité contemporaine, à l’absurdité des injonctions sociales, le portrait terrible d’une Amérique confite dans une religiosité bricolée sur l’échafaudage branlant de ses culpabilités.

avril, 2022
11.50 x 21.70 cm
240 pages

Charlotte DU CAP

ISBN : 978-2-330-16408-9
Prix indicatif : 22.00€



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Catherine Lacey opère une méticuleuse articulation entre l’intériorité d’un personnage et son environnement, de plus en plus hostile, qui l’exclut et le culpabilise de ne pas correspondre à ses normes. La force du texte tient à la marginalité indéfinie du personnage. Banc pourrait être un exilé, une trans, un ou une outsider.

Marie Fouquet, LIVRES HEBDO

Banc incarne l’impossible rencontre, l’altérité qui fragilise les habitudes et les croyances les mieux ancrées. Par-delà les sourires convenus, les écrans vides et les jardins parfaitement entretenus, c’est le portrait d’une Amérique à bout de souffle, empreinte de bien-pensance et de religiosité moribondes, qui se lézarde sous la plume grinçante de Catherine Lacey. Un roman radical à l’atmosphère lynchéenne. Un ovni littéraire reflétant l’absurdité de nos comportements prétendument civilisés. Un remède tout indiqué au déferlement insipide de littérature feel-good.

Laëtitia Favro, LIRE MAGAZINE LITTÉRAIRE

Le livre de Lacey est une fable philosophique dans l’étouffoir rigoriste du Sud. Dans une langue sinueuse, l’écrivain alterne une profonde douceur et de brusques saillies.

Entre Don DeLillo et Beckett, Catherine Lacey déploie un univers très original, marqué par son enfance religieuse. L’une des voix les plus prometteuses de la littérature américaine.

Oriane Jeancourt, TRANSFUGE

L’auteure, dont la plume est addictive et corrosive, signe un roman sur l’altérité et l'identité que l’on peut qualifier d’ovni. Volontairement en rupture avec certaines conventions littéraires, cet ouvrage réussi parle avec subtilité et originalité de la fausse bienveillance, de l’absurdité des injonctions sociales et de certains agissements, soi-disant guidés par de bonnes intentions.

Chloé Ronchin, site de CNEWS

Un contraste puissant émerge, entre l’évidence avec laquelle le personnage impose au lecteur sa voix et sa singularité, et la frénésie classificatrice que lui imposent ses congénères. Ce qui fait du roman autant une fable poétique qu’une satire implacable de la générosité sélective de l’Amérique contemporain, qui n’offre son aide qu’à ceux qui obéissent à ses injonctions.

Adrienne Boutang, LE MONDE DES LIVRES

Les personnages de Catherine Lacey sont des marginaux existentiels. Par tous les moyens, ils cherchent à s’émanciper de ce corps et de cet esprit qui les encombrent, à se désengluer d’un monde dont ils ne comprennent ni n’acceptent les règles. Tel Banc, le narrateur, surnommé ainsi par la communauté baptiste d’une petite ville du sud des États-Unis qui l’a découvert endormi sur un banc de leur église. Banc, qui ignore tout du péché et de la culpabilité et que rien n’incline à s’intégrer à une telle communauté, préférera prendre le large. Tel un messie dépité par l’incurable petitesse des hommes.

Véronique Cassarin-Grand, L'OBS

Au-delà d’un trouble dans le genre, Banc opère une catharsis. En résulte une écriture souple, vaporeuse, qui s’étire sur plusieurs plans, du monologue intérieur au roman choral, et un livre virtuose : la présence du personnage de Banc, personnage neutre, divin, absolument littéraire, est si résonnante que l’on se passe, en effet, de le situer. À la fin, Banc semble se dissoudre dans l’air et les mots : « Le ciel se tait. II ne nous a jamais distingués les uns des autres. L’air avec lequel nous parlons nous est prêté. Le ciel semble être bleu et avoir une extrémité. Ce n’est qu’une impression. » La légèreté a été atteinte, sans confession.

Feya Dervitsiotis, LE MATRICULE DES ANGES

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