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Le Grand Vertige



Pionnier de la pensée écologique, Adam Thobias est sollicité pour prendre la tête d’une “Commission internationale sur le changement climatique et pour un nouveau contrat naturel”. Pas dupe, il tente de trans former ce hochet géopolitique en arme de reconstruction massive. Au cœur du dispositif, il crée le réseau Télémaque, mouvant et hybride, constitué de scientifiques ou d’intuitifs, de spécialistes ou de voyageurs qu’il envoie en missions discrètes, du Pacifique sud à la jungle birmane, de l’Amazonie à Shanghai... Tandis qu’à travers leurs récits se dessine l’encéphalogramme affolé d’une planète fiévreuse, Adam Thobias conçoit un projet alternatif, novateur, dissident.

Pierre Ducrozet interroge de livre en livre la mobilité des corps dans le monde, mais aussi les tempêtes et secousses qui parcourent notre planète. Sa narration est vive, ludique, rythmée. Elle fait cohabiter et résonner le très intime des personnages avec les aspirations les plus vastes, la conscience d’un pire global, d’une urgence partagée. Le grand vertige est une course poursuite verticale sur une terre qui tourne à toute vitesse, une chasse au trésor qui, autant que des solutions pour un avenir possible, met en jeu une très concrète éthique de l’être au monde. Pour tous, et pour tout de suite.

août, 2020
11.50 x 21.70 cm
368 pages


ISBN : 978-2-330-13926-1
Prix indicatif : 20.50€



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Le narrateur a des semelles de vent, l'écriture formidablement labile épouse les contrées les plus lointaines et glisse dans les recoins obscurs de l'âme. Pas longtemps. On ne s'appesantit pas. On n'avait pas, depuis Autour du monde de Laurent Mauvignier, été emporté par un tel vertige cosmique. Ici c'est sans doute plus rock'n'roll, plus véloce ; à l'instar de cette paradoxale « génération climat » aguerrie à l'outil numérique (assez énergivore), on passe d'une scène à l'autre à la vitesse d'un swipe. On affleure, on effleure, comme on caresse, on s'effeuille aussi, il y a de la peau chez Ducrozet, du lien et du toucher, car le texte n'est rien sans corps, l'écrivain le sait, qui n'oublie pas que la peau demeure encore l'organe le plus profond.

Sean James Rose, LIVRES HEBDO

Le grand vertige tournoie comme un globe terrestre. Ambitieux et ancrés dans le « présent augmenté », ces deux romans sont aussi techniques qu’incarnés, des livres cyborgs, qui posent chacun à sa façon, la question des modes d’action face aux grands enjeux contemporains. Deux grands romans politiques où tout fonce, fuse, comme s’il y’avait urgence à écrire. 

Elisabeth Philippe, L'OBS

L’épilogue de cette géopolitique de l’écologie vous surprendra sans doute. Mais Pierre Ducrozet aura ainsi réussi haut la main son pari : vous faire réfléchir aux enjeux qui vont déterminer l’avenir de la planète et celui des générations futures. 

Henri Charles Dahlem, BLOG « MA COLLECTION DE LIVRES »

Une épopée romanesque qui se déroule de la jungle asiatique au désert américain en passant par les grandes capitales et fait résonner de manière originale les interrogations contemporaines. Les personnalités éclatantes de ces scientifiques aventuriers font rêver. On aimerait en rencontrer d'aussi passionnants. Quoique de Cousteau à Francis Hallé en passant par Théodore Monod, la réalité ait parfois rejoint la fiction. « Tout finalement découle de ce sentiment de terreur qui submerge l’homo sapiens, devant la Nature. »

Bernard d’Epenoux, TÉLÉ Z

Pierre Ducrozet se joue éperdument du genre romanesque. C’est déstabilisant au début puis le grand vertige de l’écriture opère. 

Camille Colas (Librairie du Channel, Calais), PAGE DES LIBRAIRES

Le roman de Pierre Ducrozet oscille comme un pendule entre l’énergie créatrice des audacieux, que son écriture vive, économe et jouant volontiers de l’ellipse, rend à merveille, et le désespoir lucide des fatalistes. 

Après L’Invention des corps (Actes Sud, 2017), son très remarqué précédent roman, Pierre Ducrozet confirme que, à presque 40 ans, il est l’un des écrivains les plus attentifs aux bouleversements scientifiques et éthiques du monde contemporain. Sa façon de toujours envisager ses personnages en interaction avec le cours du monde, dans lequel ils trouvent aussi bien des limitations que de nouvelles perspectives, hisse ce qui pourrait n'être qu'une écriture dans l'air du temps à la hauteur des romans les plus ambitieux et les plus pénétrants. 

Florence Bouchy, LE MONDE DES LIVRES

Le grand vertige est un roman d’action dont le rythme chaloupé et haletant magnifie les corps en mouvement (on songe parfois au film Fast and Furious), un roman de combat dont les personnages sont habités par une intranquillité tragique (on pense alors aux héros de l’Iliade dont le drame est d’être mortels alors que la vie est si belle). C’est aussi un cri d’alerte qui semble venir du fond des âges, un son qui n’est « ni de joie, ni de désir, ni de douleur, ni de rage, mais tout cela à la fois ».

Astrid de Larminat, LE FIGARO LITTÉRAIRE

Trois ans après L’Invention des corps , Pierre Ducrozet offre un nouveau chapitre à son étude des dérèglements contemporains et déploie une fiction toujours plus impressionnante d’ambition et de modernité. Vertigineux. 

LES INROCKS

Un très beau roman d’actualité à la force évocatrice qui pourrait dessiller certains yeux qui refusent de s'ouvrir. Une écriture parfois décalée qui pétille d’intelligence et de trouvailles, une ambiance digne d’un polar, des paysages à couper le souffle, une Histoire qu’il est toujours bon de rappeler : voici enfermée dans un monument de papier toute l’humanité dans sa simplicité. Candide et effrayante, majestueuse et prédatrice ; ambivalente société des Hommes qui s’évertue à détruire ce qui la maintient en vie.
Un Goncourt vert, une évidence pour sauver la planète... 

François Xavier, L'INTERNAUTE

Le roman de Ducrozet, du fait même de son propos, peut s’apparenter dans sa construction au scénario d’une série post-cinématographique, produite en tout cas pour nos écrans domestiques, qui jouerait des effets de ruptures géographiques et de coïncidences temporelles : nous sommes bien sur l’à-plat du monde, dont l’auteur maîtrise à plein les codes, à la recherche de cet autre chose dont le roman désigne l’absence et raconte à sa façon, parfois presque adolescente, la quête enfiévrée. Dans l’écheveau du « réseau Télémaque », ce sont les moments d’arrêt qui se révèlent peut-être les plus précieux, en ce sens, quand le romancier semble ainsi céder à la pulsion de ses personnages et s’adonner avec un plaisir presque gratuit à la possibilité d’une micro-fiction au cœur de la fresque, d’une histoire – d’amour, souvent – surgie dans le grand laboratoire de son récit-monde… 

Fabrice Gabriel, AOC

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