Aller au contenu principal

Festival d'Avignon 2022

Avignon 2022

 

Kirill

KIRILL SEREBRENNIKOV

KIRILL SEREBRENNIKOV

Le Moine noir, d’après Anton Tchekhov

Le Moine noir, d’après Anton Tchekhov

TANIA. Tu sais bien que le lait est bon pour ta santé.
KOVRINE. Oui, très bon ! Très ! Je vous félicite : depuis vendredi, j'ai pris un kilo.
TANIA. C’est bien.
KOVRINE. Les perfusions, les siestes programmées, les bains tièdes, la supervision médicale, tous vos petits soins scrupuleux autour de chaque gorgée, de chaque pas... À quoi bon tout cela ? Pourquoi m'avez-vous soigné ?
TANIA. Tu perdais la raison...
KOVRINE. Je perdais la raison, j'ai eu la folie des grandeurs, mais par contre j'étais joyeux, en forme et même heureux, j'étais intéressant et original. Je faisais des choses folles, de votre point de vue, mais je me sentais vivant... Maintenant, je suis plus raisonnable et solide, mais je suis comme tout le monde : un arbuste résistant au froid, une médiocrité, la vie m'ennuie... Pourquoi m'avez-vous fait ça ? J'ai eu des hallucinations, mais ça dérangeait qui ? Ça vous a dérangé ? Je vous le demande, ça vous a dérangé, vous ?

Également disponible en livre numérique.

 

 

Mise en scène de Kirill Serebrennikov

Création du 07 au 15 juillet à 22 h

Relâche le 11 juillet

Cour d’honneur – Palais des Papes

 

 

Ma jeunesse exaltée

 

Ma jeunesse exaltée

OLIVIER PY

Ma jeunesse exaltée

 

Extrait de l’Annexe 1, Partie III “La mort d’Arlequin”
Manifeste révolutionnaire d’Alex

Que serait une espérance non religieuse ? Il y a plusieurs possibles espérances, lucides, et débarrassées de toute métaphysique. La première serait que nous percevions le sens, dans l’immanence, dans le poids des choses. Cela nécessite un état de grâce, sans visitation, mais dans lequel la présence de la présence fait jour. Que l’on puisse se maintenir à cet éclair de lucidité reste imprescrit, que l’on puisse partager cet éclair presque impensable, origine et horizon de tout poème. Peut-on encore penser en termes de poème ? La contemplation donc, jusqu’à l’émerveillement qui provoquerait la dissolution de l’ego.
L’autre possibilité, c’est l’action, pure et simple et simple et pure, puisque l’ange ne vient pas, puisque le buisson ne s’enflamme pas, je peux, par moi-même et pour moi-même, décréter une espérance dont je suis la seule légitimité et la seule échelle. Non plus une extase, non plus une disparition de l’ego mais, à l’inverse, un ego purifié de la mort, un pur ego agissant, là aussi origine désespérée de tout poème, ou de tout poème désespéré.
Au-delà de ces deux possibles, l’espérance peut encore se changer en attente, et n’être plus que le silence qui préside et précède toute rencontre. Le poème pourtant offre une dernière possibilité, ni l’extase, ni l’action, ni l’ouverture à la rencontre, mais un nouveau langage. Un langage qui redonnerait parole à la parole, qui par la parole ressouderait ce que la parole a désuni, par la parole joindrait ce qui a été disjoint, qui ferait exister la possibilité d’une parole pleine, c’est-à-dire incarnée. Cette chair, donc, accorderait à la parole les moyens de dépasser ses limites, et serait changée par la parole en une parole, à la fois en promesse et en consommation érotique de la vérité.
Voilà les possibilités qui s’offrent à une jeunesse éperdue. Voilà les trois chemins héroïques qui ne peuvent être encombrés de trivialités politiques, les trois chemins poétiques nécessaires et que n’ont pas su décourager les virtualités, les technologies, les auratiques procédures industrielles, quatre possibilités d’espérance que l’argent n’aura pas réduites au silence et qui, dans le désert du monde marchand, deviennent la révolte radicale.

Également disponible en livre numérique.

 

Mise en scène d’Olivier Py

Création du 08 au 15 juillet à 14h

Relâche le 11 juillet

Gymnase du Lycée Aubanel

 

Le Nid de cendres

Le Nid de cendres

SIMON FALGUIÈRES

Le Nid de cendres

 

Extrait de la Partie II “Le chant de l’endormie”

Un petit personnage habillé en blanc apparaît. Il regarde le public en souriant. Une minute de silence passe.
LE TEMPS (prenant la parole quand la salle commence à s’impatienter). Quel est ce silence ?
Ah ! Elle paraît longue la minute de silence quand on n’a rien à entendre !
“Quel manque de rythme !”, dira le pressé en quête de divertissement.
“Enfin du silence ! La délicate attention…”, dira le contemplatif.
“Le comédien a-t il oublié son texte ?”, dira l’anxieux.
“L’auteur remplit avec du rien parce qu’il n’a rien à dire !”, dira le suspicieux.
“Le silence est d’or”, dira la grand-mère.
“Mais qu’est-ce que ça vient faire là ?”, dira la journaliste.
“C’est la jeunesse, ils veulent parler de tout, ils ne savent pas choisir”, dira le frustré d’avoir perdu la sienne.
“Quelle idée de génie !”, dira l’admirateur excessif.
“Shakespeare l’avait déjà fait !”, dira le cultivé en quête de nouveauté.
“Ce silence sonne creux, comment te dire… Il n’est pas habité”, dira le metteur en scène.
“Dans ce silence de l’âme, j’ai vu Dieu apparaître”, dira le mystique.
“Il ne se passait rien mais y avait tout”, dira celui qui ne sait pas quoi penser.
“Ça a duré vraiment une minute ? Ça m’a paru plus long”, dira le sceptique.
“Le temps se dilate quand on s’ennuie”, dira le spectateur habitué au théâtre.
“C’était une minute à la louche, il l’a fait sans chronomètre”, dira le sportif.
“Mais qui est donc ce personnage qui vient nous embêter avec ses listes”, dira l’impatient.
Mesdames et messieurs, laissez-moi me présenter (se montrant lui-même), le Temps ! Me voilà, devant vous, dans cet habit de rien, votre humble serviteur ! Le Temps ! Et si je viens parmi vous, c’est que j’ai du travail. Il va falloir passer plus vite qu’à l’habitude. Accélérer la machine de la narration pour arriver au drame et enfin comprendre, un peu, ce dont il est question ! Prenez garde, mesdames et messieurs, je peux être terrible. M’allonger dans l’ennui d’une scène mal écrite. Et passer bien trop vite quand on s’amuse. Et ce chien… (Il caresse un chien imaginaire.) C’est mon chien ! Le gardien du mystère ! Mais venons-en à notre affaire ! Ne nous dévoilons pas trop.

Également disponible en livre numérique.

 

Mise en scène de Simon Falguières

Création du 09 au 16 juillet à 11 h

Relâches le 11 et 14 juillet

La FabricA

 

 

Gretel, Hansel et les autres

 

Gretel, Hansel et les autres

IGOR MENDJISKY

Gretel, Hansel et les autres

Extrait – Scène 6

 

ALIX. Comment vous dire monsieur le policier. Gretel c’est une fille pas comme les autres. Parfois elle joue avec nous, et parfois elle s’isole au fond de la cour et elle parle toute seule.
ESTELLE. Et elle lit beaucoup de livres. Elle lit tout le temps des livres.
ALIX. Et elle écrit aussi.
ESTELLE. Elle invente des histoires qu’elle nous raconte, et on ne sait jamais si c’est vrai.
PIERRE. Quel genre d’histoires ?
ALIX. Elle dit par exemple, qu’avec son petit frère, ils savent parler aux animaux et que quand les animaux font des bruits, elle comprend ce qu’ils disent.
ESTELLE. Elle dit aussi qu’elle est amie avec une licorne invisible qui la suit partout.
PIERRE. Est-ce qu’elle vous a déjà dit qu’elle voulait partir de chez elle ?
ESTELLE. Non, monsieur le policier.

Également disponible en livre numérique.

 

Mise en scène d’Igor Mendjisky

Création du 08 au 11 juillet à 11 h et à 15h

Chapelle des Pénitents blancs

 

 

Gretel, Hansel et les autres

 

Miss Knife chante Olivier Py

OLIVIER PY

Miss Knife et ses soeurs

 

“Miss Knife a toujours partagé la scène, c’est la culture même du cabaret d’être hospitalier. De spectacle en spectacle, d’opéra en opérette, de cabaret en concert, les chansons, bien plus qu’un art mineur, sont d’une profondeur qui touche chacune et chacun, l’expression de notre humanité. Chaque chanson est un monde en soi. Collectées dans les coulisses de théâtre, dans le répertoire écrit pour Miss Knife et les nuits travesties, ou dans le répertoire classique, elles permettent toujours un kaléidoscope de sentiments. Il faut pourtant pour les servir se donner sans aucune retenue. Pour le dernier jour de cette 76e édition, outre ma sœur Angélique Kidjo, immense artiste internationale, qui a marqué la Cour d’honneur et a chanté avec moi à Paris et New York, l’invitation faite à mes autres sœurs de musique, les Dakh Daughters d’Ukraine, était une évidence. Elles incarnent l’espoir et le courage par l’art.”
Olivier Py

Mise en scène d'Olivier Py, Angélique Kidjo et Vlad Troitskyi pour les Dakh Daughters

Création le 26 juillet, à 18 h

Opéra Grand Avignon

 

 

rencontre festival

RENCONTRES AU FESTIVAL : débats, lectures, exposition

 

Le Festival côté Livre : du 12 au 16 juillet, à la Maison Jean Vilar
Bernard Latarjet et Jean-François Marguerin (12 juillet à 11h), Olivier Py (14 juillet à 11h) et Georges Banu (14 juillet à 18h).

“Les Douze heures des auteurs”, Artcena : le 10 juillet
de midi à minuit.
À 13 h : lecture d’un texte inédit de Simon Falguières. À 14 h 30 : lecture d’Incandescences d'Ahmed Madani, suivie d’une rencontre avec l’auteur.

“Avignon hors les murs”
Rencontre le 09 juillet 2022 à l’Hôtel Tingry, organisée en partenariat avec la Maison Dora Maar, autour du Journal de travail, tome 4 de Patrice Chéreau
En présence de Pablo Cisneros, Julien Centrès, Richard Peduzzi et Pascal Greggory.

Ateliers de la pensée – Dialogue avec Kirill Serebrennikov
À propos du spectacle Le Moine noir, le 12 juillet à 11 h, dans le jardin de la bibliothèque Ceccano.

Ateliers de la pensée – Rencontres “Foi et culture”
Avec Olivier Py et Olivier Balazuc, le 19 juillet à 11 h, dans la Chapelle des Italiens.

Rencontre professionnelle – “Un ministère de la Culture au service du vivant”
Avec Jean-François Marguerin, le 15 juillet de 16 h 30 à 18 h, dans la cour du Cloître Saint-Louis.

Fictions de France Culture – Lecture musicale
Enregistrement en public par les élèves comédiens du Théâtre national de Strasbourg et Noémie Lvovsky de textes de Svetlana Alexievitch, le 10 juillet à 11 h 30, dans la cour du musée Calvet. Extraits de son discours prononcé lors de la remise du prix Nobel, de Les Cercueils de zinc et de La guerre n’a pas un visage de femme.

 

Le off d'avignon

 

AVIGNON C’EST AUSSI : Festival Off d'Avignon | du 7 au 30 juillet

 

Les auteurs Actes Sud sont également présents dans le OFF !

Surexpositions Marion Aubert, Surexpositions (Patrick Dewaere) | Du 7 au 30 juillet au Théâtre de l’Oulle – La Factory (21 h 40, relâches les 11, 18 et 25)
Surexpositions Marion Aubert, L’Odyssée | Du 11 au 27 juillet à La Cour du spectateur (13 h 20, relâches les 15 et 22)
Le père Noël est une ordure Josiane Balasko et la troupe du Splendid, Le Père Noël est une ordure | Du 7 au 30 juillet, Théâtre Notre-Dame (20 h 05, relâches les 11, 18 et 25)
Le Souper Jean-Claude Brisville, Le Souper | Du 7 au 30 juillet, au Pixel Avignon (17 h, relâches les 18 et 25)
Une reine en exil Jean-Paul Chabrier, Une reine en exil | Du 7 au 30 juillet au Théâtre des 3 Raisins (17 h 15, relâches les 12, 19 et 26)
Qui va là ? Emmanuel Darley, Qui va là ? | Du 12 au 17 juillet, au Théâtre Le Vieux Sage (15 h 30)
Je ne suis plus inquiet Scali Delperayt , Je ne suis plus inquiet | Du 7 au 30 juillet à La Scala Provence (11 h, relâches les 11, 18 et 25)
Débrayage suivi de Beyrouth Hotel Rémi De Vos, Débrayage | Du 7 au 30 juillet, à La Chapelle des Italiens (21 h 45, relâches les 12, 19 et 26)
Jusqu’à ce que la mort nous sépare Rémi De Vos, Jusqu’à ce que la mort nous sépare | Du 7 au 30 juillet, à La Chapelle des Italiens (16 h 20, relâches les 12, 19 et 26)
Occident Rémi De Vos, Occident | Du 7 au 30 juillet, au Théâtre des Corps Saints (19 h, relâches les 11, 18 et 25) et au Pixel Avignon (20 h, relâches les 12, 19 et 26)
Trois ruptures Rémi De Vos, Trois ruptures | Du 7 au 30 juillet, au Théâtre des Brunes (14 h 35, relâches les 12, 19 et 26)
Salina Laurent Gaudé, Salina, les trois exils | Du 7 au 29 juillet au Théâtre 11 (21 h 15, relâches les 12, 19 et 26)
Si ça va, tant pis ! Jean-Claude Grumberg, Si ça va, tant pis ! | Du 7 au 30 juillet, au Théâtre Notre-Dame (14 h 20, relâches les 12, 19 et 26)
Au non du père Ahmed Madani, Au non du père | Du 7 au 29 juillet au Théâtre 11 (9 h 50, relâches les 12, 19 et 26)
Leurs enfants après eux Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux | Du 7 au 29 juillet au Théâtre 11 (22 h 15, relâches les 12, 19 et 26)
Incendies Wajdi Mouawad, Incendies | Le 11 juillet à La Condition des Soies (17 h)
Pacamambo Wajdi Mouawad, Pacamambo | Du 7 au 23 juillet au Vieux Balancier (13h, relâches les 13 et 19)
Élise Élise Noiraud, Élise | Du 7 au 26 juillet au Théâtre Transversal (20 h 15, relâches les 12, 13, 19 et 20)
Le petit chaperon rouge Joël Pommerat, Le petit chaperon rouge | Du 7 au 28 juillet à La Scierie (13 h 50, relâches les 12, 19 et 26)
Petit boulot pour vieux clown Matéi Visniec, Petit boulot pour vieux clown | Du 7 au 30 juillet à La Scierie et au Théâtre du Balcon (13 h 50, relâches les 12, 19 et 26)

Retrouvez tous les spectacles des auteurs Actes Sud et leurs actualités sur notre site et nos réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Instagram, YouTube.

Lisez notre Saison #2