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Kinderzimmer


“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?

– Je ne sais pas.

– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.

Mila se retourne :

– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?

– La même chose que toi. Une raison de vivre.”



En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.

Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.


«D’abord, il y eut cette rencontre, un jour de mars 2010 : un homme de soixante-cinq ans se tient là, devant moi, et se présente comme déporté politique à Ravensbrück. Outre que c’est un homme, et à l’époque j’ignorais l’existence d’un tout petit camp d’hommes non loin du Lager des femmes, il n’a surtout pas l’âge d’un déporté. La réponse est évidente : il y est né. La chambre des enfants, la Kinderzimmer, semble une anomalie spectaculaire dans le camp de femmes de Ravensbrück, qui fut un lieu de destruction, d’avilissement, de mort. Des bébés sont donc nés à Ravensbrück, et quoique leur existence y ait été éphémère, ils y ont, à leur échelle, grandi. J’en ai rencontré deux qui sont sortis vivants de Ravensbrück, ils sont si peu nombreux, et puis une mère, aussi. Et la puéricultrice, une Française, qui avait dix-sept ans alors. C’était un point de lumière dans les ténèbres, où la vie s’épuisait à son tour, le plus souvent, mais résistait un temps à sa façon, et se perpétuait : on y croyait, on croyait que c’était possible. Cette pouponnière affirmait radicalement que survivre, ce serait abolir la frontière entre le dedans et le dehors du camp. Envisager le camp comme un lieu de la vie ordinaire, être aveugle aux barbelés. Et donc, se laver, se coiffer, continuer à apprendre, à rire, à chanter, à se nourrir et même, à mettre au monde, à élever des enfants ; à faire comme si. J’ai écrit ce roman pour cela, dire ce courage fou à regarder le camp non comme un territoire hors du monde, mais comme une partie de lui. Ces femmes n’étaient pas toutes des héroïnes, des militantes chevronnées, aguerries par la politique et la Résistance. Leur héroïsme, je le vois dans l’accomplissement des gestes minuscules du quotidien dans le camp, et dans ce soin donné aux plus fragiles, les nourrissons, pour qu’ils fassent eux aussi leur travail d’humain, qui est de ne pas mourir avant la mort. Mila, mon personnage fictif, est l’une de ces femmes. Kinderzimmer est un roman grave, mais un roman de la lumière.»

V.G.

août, 2013
11.50 x 21.70 cm
224 pages


ISBN : 978-2-330-02260-0
Prix indicatif : 20.00€



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Valentine Goby s'en tire magistralement.

Une écriture exceptionnelle, organique, concrète, forte, incantatoire.

Un livre hallucinant mais pas désespérant.

Geneviève Bridel, Radio suisse romande

Ce roman impressionnant, sans doute la pièce maîtresse de Valentine Goby.

Claire Julliard, Le Nouvel Observateur

Un livre plein de chair, plein d'espoir et plein de vie.

Philippe Lecomte, RTL

Un texte d'un grand courage et d'une parfaite vérité.

Xavier Houssin, Le Monde

Bien qu'écrit à la troisième personne, le récit garde une fraîcheur orale et intime, sans glisser dans le pathos.

Frédérique Roussel, Libération

La vie, plus forte que l'horreur.

La narratrice, qui se parle à elle-même, emploie le "tu", tendant la main au lecteur pour partager une expérience humaine au cœur de l'inhumain, pour approcher la vérité miraculeuse et tenace d'une naissance au milieu du pire, sonder l'indicible lien qui unit les vivants et les morts.

Puissant et éprouvant.

Marie Chaudey, La Vie

Valentine Goby raconte aussi la résistance et la solidarité des femmes. Les gants que l'on vole au péril de sa vie pour en faire des tétines, le sein offert à un enfant que l'on ne connaît pas parce que le sien est mort et que toute vie, même au plus fort de la folie destructrice, est un espoir. Valentine Goby le rappelle ici de manière crue mais limpide.

Françoise Dargent, Le Figaro

En s'attaquant à un tel sujet, Valentine Goby prenait un risque. Elle gagne son pari grâce à une langue très moderne, un récit presque haletant, des moments de grâce et d'entraide entre les prisonnières qui fêtent Noël comme elles le peuvent ou récitent Verlaine pour lutter contre le froid.

(…) un point de lumière dans les ténèbres. A lire et à offrir.

Ariane Bois, Avantages

Servi par une langue chaotique et atrocement belle, ce roman aussi éprouvant que somptueux entre désespoir total et foi inébranlable en la vie, nous touche en plein cœur.

Librairie Sauramps, Transfuge

Certains passages du livre résonnent évidemment très longtemps à l'esprit. Par leur violence, par l'ébahissement qu'ils suscitent.

Le lecteur chemine au côté de Mila, presque jusqu'à ressentir le poids de sa vie ; sentiment accru lorsque l'auteur passe à un "tu" de narration, s'adressant directement à son personnage, un "tu" semblable à un "je" qui confierait tout de sa souffrance, de ses espoirs, des rêves tout simples qui l'emmèneront vers l'après.

Sabine Audrerie, La Croix

Valentine Goby, qui a du talent, de la ressource et de la puissance, parvient parfaitement à éviter tous écueils, et s'en tire par le haut. […] Elle montre que face à la barbarie et à l'abjection, un être humain peut conserver sa dignité

Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo

Magistral Kinderzimmer!

L'auteur capte de façon stupéfiante les petits gestes d'amour minuscules et secrets des femmes du camp.

Un roman de lumière et d'effroi qui est un hymne à l'espoir que rien ne peut tuer tout à fait.

Elodie Fondacci, Radio Classique

Vivre au présent, car l'avenir est inenvisageable, mais vivre quand même, minute après minute, tenues par l'espoir.

Clémentine Baron, Le Magazine littéraire

Voici dix ouvrages dans lesquels nous nous sommes plongés et qui nous ont fait basculer.

On aime, parce qu'il fallait oser s'engager dans cet univers insoutenable nourri d'excréments, de supplices, de corps emboîtés, cognés, heurtés, enjambés, dans la même masse mouvante. Valentine Goby relève ce défi.

Pierre Vavasseur, Le Parisien

Valentine Goby a écrit un grand roman sur l'innocence, une magistrale histoire d'éveil (…). La langue de Valentine Goby [est] chaotique, organique, pleine d'effroi et d'espoir, atrocement belle.

Marine Landrot, Télérama

Une écriture sans concessions, tout à tout dépouillée et glaciale — à l'image du camp — puis poétique et bouleversante, sert ce texte virtuose qui place l'auteure parmi les grands de la littérature française. (...) Un pur chef d'œuvre.

Sandrine Maliver-Perrin, Page des libraires

Valentine Goby ne cherche pas à démontrer, à théoriser, à prendre l'histoire de haut. Elle se place familièrement à côté de Mila et de ses lecteurs, les accompagne de mots et de phrases qui se transforment en un chant magnifique vers un monde sans entrave.

Christine Ferniot, Lire

Valentine Goby réussit à introduire une forme d'espoir dans un univers de désespérance. (...) On voudrait dire que c'est un des beaux livres de la rentrée. Mais l'adjectif ne convient pas. C'est un livre troublant, grave, âpre qui, à l'instar des kinderliedjes d'enfance, murmure à l'oreille que la tendresse humble de quelques minuscules marques d'humanité fait triompher la vie de tout ce qui tente de l'avilir et de la détruire. Cette lumière diffusée par ce livre est un signe qui, à soi seul, vaut d'être saisi.

Marie Chaudey, Clone of La Vie

Bouleversant.

Marie Chaudey, La Vie

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