L'Enfouissement

L’Enfouissement, sous ses dehors fantasques, travaille la matière hautement explosive des secrets et des pulsions, et traque jusque dans ses moindres recoins la possibilité d’une étincelle.
À paraître
Livre broché 26 août 2026
À paraître
Livre numérique 26 août 2026

Le résumé

En apparence, c’est simple. Il y a Joseph Plouche, un menuisier raté qui s’obstine à construire des meubles insolites en recyclant des déchets ramassés çà et là. Il y a Ita Kroyn, femme d’un ouvrier travaillant sur un chantier d’enfouissement. Il y a surtout, omniprésent et volatil, un désir inassouvi qui les traverse, le sentiment d’une vie qui cherche à se perpétuer en dépit de tous les obstacles. Mais bien sûr, ce n’est pas aussi simple, car il est prévu qu’à Etrenon, où vivent Joseph et Ita, soient enterrés des déchets nucléaires qui resteront radioactifs pendant cent mille ans – pas vraiment le genre d’héritage qu’on souhaite transmettre à la postérité.
Comment laisser une trace – un enfant ? – dans un monde sans avenir, figé dans les convenances, dont les faibles révoltes ne sont pas entendues, un monde dont les entrailles sont condamnées à une extrême toxicité ? Suffit-il d’aimer, de vouloir, de faire confiance ? Mais dans ce roman aussi léger qu’intense, il n’y a pas que des déchets qui sont enfouis, loin de là.
L’Enfouissement, sous ses dehors fantasques, travaille la matière hautement explosive des secrets et des pulsions, et traque jusque dans ses moindres recoins la possibilité d’une étincelle.

Les ressources

Le mot de l'autrice

Je voulais écrire sur un personnage étranger à lui-même, toujours en retard, traversant le monde sans jamais parvenir à y prendre place. Je l’ai nommé Joseph Plouche. Menuisier raté mais obstiné, il continue de construire des meubles dysfonctionnels ou insolites en recyclant des déchets ramassés ici et là. Il n’a pas d’enfant, et cela lui pèse : comment faire pour que la vie ne se ressemble pas toujours ? Plouche est hanté par la trace : celle que laisseront ses meubles fantasques et souvent inachevés, mais surtout celle qu’il projette sur des enfants absents. Son bébé mort-né n’a jamais respiré ; l’enfant qu’il pourrait adopter attend dans un orphelinat au Niger ; celui que sa maîtresse dit porter n’existe pas encore. Je cherchais un décor qui prolonge cette inquiétude intime. J’ai donc fait habiter Joseph Plouche dans le village d’Etrenon, dans le sous-sol duquel on enfouira bientôt des déchets nucléaires qui resteront radioactifs pendant cent mille ans. Cette durée me fascinait : comment prévenir nos descendants de ne surtout pas creuser ? Quelles langues parleront-ils, quelles images comprendront-ils ? La petite vie de Joseph Plouche – son présent bouché, ses meubles inachevés – se heurte brutalement à cette durée monumentale.

Alors le village, les bâtiments du chantier nucléaire, les objets insolites inventés par le menuisier Plouche, ses pensées : tout est imprégné d’un désir inassouvi, du sentiment d’une vie qui ne parvient pas à commencer. Je voulais que, de ce monde étrange et potentiellement contaminé, surgisse une étrangère, Ita Kroyn, femme d’un ouvrier travaillant sur le chantier d’enfouissement. Elle déplace quelque chose en Plouche, le force à agir : elle rompt l’inertie. Ce sont deux douleurs qui se rencontrent et qui, bientôt, flambent. Évidemment, cela finira très mal.

J’ai voulu explorer ce que le désir de laisser une trace peut produire lorsqu’il se heurte à l’impuissance et au désespoir humains.

- Elsa Jonquet-Kornberg

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