Le résumé
Fanny est une femme enflammée et combative. Elle transmet son goût de la littérature dans un collège avec la ferveur des croyants. Tout ce qu’elle a construit, elle le doit à une volonté farouche de vivre malgré l’adversité. Car Fanny porte en elle le lourd secret d’une enfance saccagée. Mariée depuis vingt ans, mère de deux grands enfants, elle a gagné sa part de bonheur en choisissant d’enfermer les souvenirs douloureux dans la cave de sa mémoire. C’est ainsi qu’elle tient, debout et droite, armée de sa colère et de ses convictions… du moins jusqu’à cet appel lui annonçant la mort de sa “mère”, et qui va tout faire exploser.
Roman du feu sous la peau, explorant les rouages du couple et de la maternité, Mordre l’orage est le portrait d’une femme à vif, qui vient sonder ce qui nous a été donné et ce que l’on transmet en retour.
Les ressources
Le mot de l'autrice
J’ai, depuis l’enfance, un rapport intense aux livres – aux romans surtout –, j’en ai un besoin démesuré, vital. Si je suis devenue professeure de français, c’était pour entretenir cette passion dévorante, pour la transmettre et la partager. Fanny Delambre, le personnage de mon roman, a puisé dans les livres de quoi survivre à toutes les catastrophes. Les histoires des autres, leurs mots, sont même parfois le seul moyen d’avoir accès à ce qu’elle éprouve. Cette femme en état d’urgence permanent, inquiète, court sur une ligne de feu, refusant l’apaisement comme si c’était un piège. L’amnésie volontaire lui permet de vivre et d’avancer, elle refuse de regarder en arrière même quand le passé la rattrape. Très vite, tandis que j’écrivais, elle m’a échappé. J’ai dû faire avec sa colère inextinguible. Elle est un peu fatigante, Fanny, elle est dérangeante, fragile, excessive. En d’autres temps, on l’aurait sans doute traitée d’hystérique. Si elle est incapable de la moindre concession, c’est qu’il en va de sa propre survie. Elle est toujours au bord de la chute, et moi, j’ai vécu avec l’impression que je devais l’écrire pour l’empêcher de tomber, faisant tenir en équilibre deux temporalités, celle de l’enfance meurtrie qui affleure et menace de l’engloutir et celle de la femme qu’elle est devenue, épouse heureuse et mère de deux enfants qu’elle adore voir grandir. Tenue par sa pulsion de vie, jusqu’au dernier moment, je n’ai pas su où elle allait me conduire.
Aujourd’hui, alors que le livre est en cours de fabrication, je commence à pouvoir la regarder d’un peu plus loin. Et il me semble que Mordre l’orage tente de donner corps à cette lutte entre ce qu’on croit choisir et ce qui se dérobe à notre conscience, entre ce qu’on invente et ce qu’on répète, entre l’inattendu et l’inéluctable, ce combat intime qui transforme chaque vie en destin, aussi singulier soit-il.
- Isabelle Pandazopoulos