Le résumé
Job débarque à la pointe de l’Afrique avec en tête une quête impossible et un fantôme au cœur. Il ne se doute pas qu’il sera bientôt rejoint par Rouslan, le géant d’Ukraine ; puis par un mystérieux Gabriel, flanqué de Madame, une mangouste ornée de parures princières. Ensemble, ils remontent vers le nord, glissant de fleuve en océan sur des embarcations de fortune, ou parcourant les pistes poussiéreuses dans un camion aux cargaisons infinies… De Durban au Kivu, d’Obock aux bords du Gange, commence alors un étrange périple qui durera trente ans, et que jalonnent lettres et carnets.
Roman d’aventures et d’amour, roman-monde et chronique intime d’une disparition, l’odyssée funambule de Job s’impose comme une épopée contemporaine d’une rare ampleur, dont l’écriture magistrale adossée aux puissantes photographies de Jérôme Boutain possède le souffle des grands mythes.
Les ressources
Aperçu de : Nicolas Deleau lit un extrait de “Odyssée funambule”
Le mot de l'auteur
Qu’arrive-t-il lorsque le désir n’irrigue plus notre rapport au monde ? Où est le passé, quand il est passé ? Peut-on aimer deux fois ? L’horreur et la beauté peuvent-elles vraiment être embrassées d’un même regard ? La plongée dans l’intime est-elle compatible avec une épopée-monde ? Qu’est-ce qui fait communauté ? De quoi rirait le diable, s’il existait ? Qu’offre le cirque, que rien d’autre ne peut donner ? Peut-on offrir ce qu’on ne possède pas ? Quel est le terreau des mythes ? Qui est Dimitri ? Peut-on ne pas laisser de traces ? Pourquoi Job disparaît-il ?
Si cette odyssée, d’emblée conçue comme telle malgré le lourd héritage antique, pose toutes ces questions parce qu’elle s’en est nourrie, elle n’y répond évidemment pas. Pire : elle en pose d’autres aussi, sans doute. Je me méfie des donneurs de leçons, et j’envisage dans le genre romanesque une forme supérieure de l’indécision – vu la complexité du réel, pourrait-il en être autrement ?
Cependant, Odyssée funambule est aussi, tout simplement, un roman d’aventures. Job y parcourt le monde et l’observe. L’ouvrage aurait pu s’intituler le “cône du silence” : ainsi nomme-t-on la zone, dans le sillage d’un sous-marin, qui échappe à ses propres oreilles. Il en est de même de certains hommes. Pendant trente ans, Job a erré, laissant derrière lui une zone de silence, aveugle et sourde ; il a suivi sa route sans sillage, glissant de fleuve en océan, au spectacle du monde.
- Nicolas Deleau