Être reconnu (et aimé) tel que l’on est, est-ce le message que vous tenez à faire passer ici ?
J. W. : Ce n’est pas tant le message d’un livre qui compte, que l’honnêteté de celui ou de celle qui l’écrit. On écrit avec ce que l’on est, et je suis une “cabossée”. J’ai toujours eu l’impression d’être moi aussi une outsider, ne s’intégrant jamais complètement dans un groupe, et souvent à côté de la plaque. À l’âge des héros du Clan, j’étais une timide hypersensible, un peu gaffeuse, complètement rêveuse. Mais j’étais aussi une fille qui aimait jouer à la guerre en rampant dans la boue !
Sans doute parce que tous ont éprouvé le rejet et la solitude, mes héroïnes et héros savent s’écouter, s’opposer aux avis contraires, défendre leurs points de vue, agir pour aider un ami et demander de l’aide aux adultes quand il le faut. Ce clan est une microsociété de fiction, qui, je l’espère, invitera les lectrices et les lecteurs, petits et grands, à s’interroger sur la réalité du vivre-ensemble. Par exemple, ne pas se considérer ni au-dessus, ni en dessous des autres, savoir prendre sa place, mais aussi apprendre à la laisser aux autres de temps en temps. Je pense que pas mal d’enfants aujourd’hui souffrent d’un manque d’estime de soi, de confiance, et sont très anxieux.
Je voulais donc leur offrir de la joie avec ce roman. Manuel est bègue, le quotidien est compliqué, il va devoir faire avec. Il va devoir ne pas faire semblant d’être “comme les autres”. Grâce à ses copains, il parviendra à être la personne que tout le monde écoute, le temps d’une chanson. J’espère qu’on sentira dans ce roman la puissance de l’amitié.
Aperçu de : Écoutez Le tube de l'été ! Texte de Jo Witek, musique de Mathieu Lengagne, avec les belles et aimables voix de Rose & Valentin.
Le Tube de l’été se termine par la chanson “On est tous des Cabossés” et, bonus !, les lectrices et lecteurs ont accès à l’audio. Comment vous est venue cette idée ?
J. W. : Après avoir écrit la chanson de fin du Tube de l’été, je l’ai fait lire à mon fils Mathieu, qui est guitariste compositeur. Et on a imaginé de créer ce morceau de fiction “pour de vrai”. On avait les paroles, Mathieu a composé une musique rap, et deux enfants super chouettes – Rose (9 ans) et Valentin (12 ans) – sont venus l’interpréter en studio. J’ai pensé que cela pouvait amuser les enfants, les enseignants, les parents de pouvoir écouter ou chanter la chanson du livre. Un rap écrit comme un enfant, mais pas tout à fait ; une musique, composée par DJ June (la DJ du roman), mais pas tout à fait...


