La librairie, cœur battant de nos villes et terre d’asile de nos émotions

  • Publié le

    20/04/2026

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Photo devanture Mejan

Depuis ses origines, Actes Sud entretient avec les libraires un lien vital, fondé sur l’indépendance, la curiosité et le partage. Dans ce texte engagé, Anne‑Sylvie Bameule, présidente du directoire d'Actes Sud, rappelle combien la librairie est bien plus qu’un lieu de vente : c'est un espace d’hospitalité et de pensée vivante, le cœur battant de nos villes et de notre relation aux livres.

L'édito d'Anne-Sylvie Bameule

Aux origines d'Actes Sud : une librairie

Au tout début de l’aventure d’Actes Sud, il y a une librairie. En 1980, Jean-Paul Capitani, qui vient d’hériter de l’ancienne laiterie de son grand-père à Arles, décide d’y installer ce qui sera l’un des premiers centres culturels privés en France : en son sein, trois salles de cinéma, un restaurant, une salle de concert et d’exposition et… une librairie !

Le passage du Méjan était né et allait devenir, à son tour, l’écrin d’une petite maison d’édition, qui venait de se créer dans les environs, sous la baguette d’Hubert Nyssen et Christine Lebœuf, bientôt rejoints par Françoise Nyssen puis quelques années plus tard par Bertrand Py.

Une symbiose fondée sur l'indépendance

C’était il y a plus de quarante ans et notre conviction des débuts n’a pas varié : le succès d’un développement se nourrit des interdépendances harmonieuses. Entre Actes Sud et les libraires, il y eut de tout temps cette symbiose merveilleuse, qui prend sa source dans un attachement viscéral à la curiosité, au refus de la simplification, à l’obsession de rendre le complexe et le sensible accessibles au plus grand nombre et, enfin, à une valeur cardinale : l’indépendance. Indépendance d’esprit, de parole et de choix. Indépendance comme gage de liberté pour la défense de la pluralité des voix et pour résister face aux assauts divers et aux injonctions à la standardisation.

La librairie, refuge de la pensée et de l'émotion

Sans les librairies, des plus grandes aux plus modestes, des plus anciennes aux plus récentes, notre maison n’aurait pas pu préserver cette indépendance et alors connaître le destin qui est le sien : devenir le plus petit des grands éditeurs et le plus grand des petits, une maison qui se conçoit depuis l’origine comme un lumineux îlot camarguais dédié à l’accueil des auteurs et des lecteurs.

Le libraire, figure centrale de l'hospitalité

À l’image de ce lieu incongru inventé par Yôko Ogawa dans son livre L’Annulaire, la librairie est ce réceptacle de toutes nos pensées, nos souvenirs, nos émotions… de tout ce qui constitue notre humanité. Ici la pensée y est vivante, puissante, dérangeante, conciliante, curieuse. Tout ce que nous sommes et tout ce qui nous façonne converge vers ce lieu à part et y est réceptionné, agencé, organisé par ce libraire qui vous accueille au quotidien.

Chez un libraire, c’est l’hospitalité qui règne et se conjugue de mille façons. Cette hospitalité qui fait le lien entre les auteurs, les éditeurs, les lecteurs et constitue une table ouverte, où rayonnent la liberté d’expression et la généreuse passion. Choisir un livre et choisir où on l’achète n’est pas un acte anodin. C’est un engagement fort pour la pérennité de ce réseau si précieux.

Faisons vivre le cœur battant de nos villes

Sans la librairie, nos villes et le monde du livre perdraient leur cœur battant, celui sans lequel la vie est moins pleine, moins surprenante, moins intense. À la veille de nos cinquante ans et dans un monde particulièrement troublé et aux prises avec une polarisation destructrice, nous sommes heureux de pouvoir exprimer ici notre immense gratitude et notre soutien indéfectible à la librairie.

Pour faire vibrer ce cœur battant, continuons à y découvrir et y acheter nos livres !

- Anne-Sylvie Bameule, présidente du directoire

(Re)découvrez une tribune de Valentine Goby

Pour La Croix, Valentine Goby signe le 25 septembre 2025 une tribune intitulé “Librairie, mon amour”.

Valentine Goby y célèbre le libraire en tant que médiateur humain irremplaçable, dont les choix subjectifs et le conseil incarné donnent son sens à la librairie. La librairie devient ainsi un lieu de rencontres, capable de changer la vie d’un livre comme celle d’un lecteur.

La tribune est à lire dans son intégralité sur notre site.