Creep est né un soir de janvier 2022. Dans une très vieille maison. L’ambiance était plutôt… humm… lugubre. La demeure était cependant saine. Par “saine”, j’entends qu’on s’y sentait bien et en sécurité. Le problème est que je suis auteur et que j’aime raconter des histoires. Et la moindre opportunité est capable d’enclencher un récit. Je me rappelle exactement la pensée qui m’a traversé l’esprit ce soir-là : si cette maison n’était pas saine, eh bien, il est probable qu’en haut des marches de l’escalier il y aurait une jeune fille en chemise de nuit, avec les cheveux qui lui pendraient devant le visage, sa nuque formerait un angle étrange avec le reste de son corps. Et que cette jeune fille me demanderait d’une voix rocailleuse : “Où as-tu rangé ma poupée ?” Mais rien de tel ne se passait. J’ai passé une dizaine de jours à gamberger et, petit à petit, un chapitre s’est dessiné dans ma tête. Les éléments se sont mis en place. Tranquillement. Ce corps de ferme perdu au milieu de nulle part. Cette chambre toute propre au premier étage. Et cette très très vieille dame qui n’est pas vraiment ce qu’on pense. Assise dans son lit. Avec un sourire qui paraît innocent. Mais qui ne l’est peut-être pas vraiment. J’ai testé ce premier chapitre autour de moi. Et je constatais que cette amorce constituait une petite claque dans la face des lecteurs (pour rester poli). Alors la suite s’est doucement mise en place. Un soupçon d’Exorciste, une pincée de Carrie, une goutte de Destination finale, un doigt de Shining, une poignée de Ring, une lampée de When Evil Lurks. Et une volonté s’est imposée : écrire un livre qui fait peur. Un livre qui file les chocottes. Qui fait demander de laisser la veilleuse allumée à la jeune fille qui cherche sa poupée.
Je reconnais, la démarche n’est pas très gentille. Mais laissez-moi vous faire cette confidence : j’adore avoir peur. Et laissez-moi vous avouer une chose : je suis le plus grand des poltrons.
Creep n’est donc pas une méchanceté, il s’agit juste d’un moment de partage. Blottis les uns contre les autres, en se disant que c’est juste une histoire. Juste une histoire… ?
Je vous souhaite de jolis cauchemars.
PS : Pour les plus téméraires, la poupée est dans la cave.
- Taï-Marc Le Thanh