Un homme d’affaires koweïtien fait à Taleb Alrefai une étrange proposition : écrire un roman dont il serait le personnage principal. L’auteur est décontenancé car l’homme qu’il a en face de lui dégage une aura de puissance et de réussite, ses bureaux sont luxueux, et il est une personnalité publique de premier plan dans l’Émirat. N’a-t-il plus rien à désirer que de devenir un personnage de roman ?
Après beaucoup d’hésitations, Taleb finit par accepter l’offre, assortie de conditions financières généreuses, mais il réalise rapidement que l’entreprise n’est pas viable. Son “héros” lui échappe à mesure que les sphères professionnelles et familiales de son existence se brouillent.
Nulle œuvre littéraire, autant que L’Impossible Roman de l’honorable monsieur K., ne nous plonge dans la société koweïtienne d’aujourd’hui, avec ses antagonismes de classes, de générations et de cultures. Elle porte une réflexion oblique sur le prestige dont jouit encore la littérature, sur sa puissance de suggestion de la réalité, et par conséquent sur la censure politique, mais aussi sociale, qui tente souvent de la faire taire.