Livre de poche

Le résumé

Ce livre pose trois questions principales : qu’en est-il de la «croyance» ? qu’appelle-t-on «sentiment» ? qu’est-ce que le «regard» ? Or, l’interrogation est d’emblée traversée par un doute : si la pitié n’était pas un sentiment (comme les autres) ? Si la "solitude", comme l’a vu Giono, lui allait mieux que les espaces de rencontres où les sentiments s’induisent, se construisent et entrent dans des formules ? Du coup, l’hypothèse mérite examen – que le christianisme aurait là son "«daimôn»", pendant de l’Eros grec ; celui-ci opère par un manque équidistant à tous les attributs ou qualités, celui-là règne par «une» absence : la pitié est Sans-peur. Elle serait moins le sentiment des autres (du semblable), qu’une sensibilité sans Autre. Le désir veut-voir ; la pitié tirerait son "savoir" d’une disqualification du voir.

L’analyse peut se lire comme un hommage, dans le cadre d’un athéisme calme, à la métapsychologie chrétienne. Elle croise aussi, de Descartes à Janet (injustement méconnu), de Pascal (lecteur de saint Augustin) à Freud, des textes instaurateurs ; Rousseau, bien sûr, est pilier.

La dernière partie – le Regard – s’interprète comme une métaphysique de la «pudeur». Elle commande les domaines, distincts mais reliés, de l’esthétique et de l’éthique.

M. G.

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