Le goût de l’ailleurs est très ancien, motivé par la curiosité, l’expansion politique et la croissance économique, les trois choses étant souvent liées. Marco Polo incarne probablement la figure de ce voyageur, marchand, diplomate, anthropologue avant la lettre, explorateur et écrivain.
Si l’on s’en tient à la période récente, on peut faire remonter la naissance du tourisme moderne au milieu du XVIIIe siècle à l’époque du Grand Tour, précisément, réservé aux jeunes hommes aristocrates. L’intérêt pour les voyages s’est accentué aux XIXe et XXe siècles en raison de la démocratisation des moyens de transport et d’une plus grande diffusion des savoirs géopolitiques. Arrive bientôt le “tourisme de masse”, une manne pour certains, un fléau pour d’autres.
S’ensuivent alors des modifications considérables dans l’expérience du voyage et dans la relation aux paysages visités. La fréquentation massive de quelques lieux privilégiés, désignés comme incontournables, les affecte et les fragilise, au risque de les voir perdre ce qui constitue leur attrait et leur identité, en particulier sociale et culturelle. Le voyage devenu tourisme seraitil désormais un danger pour les paysages ?