Ce volume fait la synthèse de l’état des découvertes (sculptures en terre cuite sarthoises des XVIe et XVIIe siècles, décorations émaillées des frères Virebent), des restaurations en cours (vitraux de Pontigny, statue en céramique d’Henri IV de l’hôtel de ville de La Rochelle), mais aussi des politiques en œuvre, notamment de valorisation et d’exposition, des productions régionales utilitaires. Des études de cas spécifiques complètent le propos. Pour qui s’intéresse aux chefs-d’œuvre des arts du feu et à leur histoire, ce livre est une mine d’informations.
Le résumé
Objets intrinsèquement fragiles de par le matériau utilisé, les artefacts issus des arts du feu offrent une vision paradoxale quant à leur protection au titre des monuments historiques : les émaux médiévaux de Limoges ou les statues de terre cuite de l’époque moderne sont bien représentés, alors que d’autres objets comme ceux en céramique ou en verre demeurent souvent les parents pauvres de ces pratiques.
Si le vitrail vient naturellement à l’esprit lorsque les arts du feu sont évoqués, le travail de la terre sous toutes ses formes est bien souvent oublié, tout comme l’émail. Parents pauvres des objets protégés monuments historiques, il semblait nécessaire de faire le point à la fois sur des découvertes scientifiques qui touchent à la terre cuite, aux émaux ou à la faïence que de mettre en valeur des artefacts du quotidien délaissés et pourtant témoins de la vie. Quelle valeur patrimoniale accorde-t-on aujourd’hui à ces productions régionales, certes abondantes, mais dont le corpus actuel se réduit ? Les questions de leur étude scientifique, qui comprend également les lieux de production ainsi que leur éventuelle protection au titre des monuments historiques, sont posées grâce à plusieurs contributions. Enfin, il est également nécessaire de mettre en valeur ce patrimoine fragile auprès de tous les publics. Les exemples de restauration, préalable à toute présentation, abondent : les vitraux médiévaux de Pontigny, les verrières Art déco méconnues et redécouvertes à Paris, l’étonnante statue d’Henri IV à La Rochelle, la bouleversante Mise au Tombeau du Mans ou les fragiles tapis d’argile, pavements médiévaux en Hauts-de-France. La Cité du vitrail de Troyes constitue enfin un superbe exemple d’un lieu ouvert au public, associant conservation et exposition dans des conditions idéales.
Ce nouveau volume est, comme toujours, un bel exemple de la vivacité et du dynamisme des professionnels du patrimoine mobilier en France – conservateurs des aoa, des monuments historiques, de l’Inventaire, restaurateurs, chercheurs et étudiants – qui ont à cœur de faire partager leurs connaissances et leur passion.
Ils ont aimé
Tous ces articles ne se contentent pas de proposer un compte-rendu d’inventaire. Ce sont de véritables modèles d’étude iconographique et stylistique, qui replacent les arts du feu dans leur contexte de création et dans les grands mouvements d’histoire de l’art. Les photographies d’ensemble et de détail sont d’une qualité exceptionnelle et rendent vraiment hommage aux œuvres choisies dans ce livre d’une salutaire fraîcheur, qui donnera envie de posséder toute la collection.