Le jeune Edgar grandit dans un lieu hors du commun : la maison de fonction du directeur de la prison pour mineurs d’une petite ville allemande des années 1960. Le directeur c’est son père, un bourgeois strict qui se pique de musique. Tandis que les détenus purgent leur peine derrière les barreaux, le salon familial devient le théâtre de concerts improbables où les jeunes prisonniers en uniforme côtoient les notables de la ville pour écouter Bach ou Beethoven.
Mais l’harmonie des sonates peine à recouvrir les étranges silences dans lesquels s’emmurent ses parents lorsqu’il est question du passé. Entre le poids des secrets qu’il devine et les éclats de colère d’un père aussi autoritaire qu’imprévisible, Edgar apprend très tôt l’art de la dérobade et du mensonge. Tandis que sa mère tente de préserver l’équilibre fragile d’un foyer sans cesse mis à l’épreuve, le garçon cherche tant bien que mal sa place parmi ses frères et les fantômes d’une Allemagne qui préfère la musique aux aveux.
Avec Tu nous as enfin trouvés, Edgar Selge livre un roman d’une justesse admirable sur l’héritage et les non-dits d’une nation en reconstruction.