Une grande figure des lettres francophones
“L’écriture a le pouvoir de me consoler de tout.”
La poétesse et romancière franco-libanaise Vénus Khoury-Ghata, grande figure des lettres francophones, est décédée mercredi à Paris, où elle vivait depuis plus de cinquante ans. Elle laisse une œuvre puissante, traversée par l’exil, la mémoire et la condition des femmes.
Vénus Khoury-Ghata avait été récompensée par le grand prix de Poésie de l’Académie française en 2009, puis par le Goncourt de la poésie en 2011 et par la fondation Prince Pierre de Monaco en 2022 pour l’ensemble de son œuvre. Présidente du jury du Grand Prix national de la poésie du ministère de la Culture en 2017, membre du Parlement des écrivaines francophones à partir de 2018, elle s’est imposée comme l’une des grandes voix de la poésie contemporaine et aura œuvré avec détermination à faire rayonner la parole des femmes dans l’espace littéraire.
Une appétence pour la poésie
Pour comprendre cet amour, cette appétence pour la poésie, il faut se plonger dans sa vie romancée à travers La Maison au bord des larmes puis La Maison aux orties, parus chez Actes Sud en 2005 et 2006.
On y retrouve notamment ce frère fragile et poète qui lui a transmis l’amour des mots et de la langue ou cette mère décrite comme une “analphabète bilingue” – galerie de personnages qui façonneront son écriture. Sans oublier l’importance des lieux notamment ce Haut Liban qu’elle aimait tant.
Ce qui reste des hommes
Son dernier roman, aussi grave que fantasque, Ce qui reste des hommes, publié par Actes Sud en 2021, brosse le portrait de deux vieilles dames indignes, bouleversantes de liberté et merveilleusement inspirantes.
