La vocation de Francis Hallé
Sur la fenêtre de mon balcon, il y avait des pots de terre. Ce n’était pas moi qui les avais mis là. Et jour après jour, j’ai vu pousser une plante, je l’ai vue fleurir, je l’ai vue donner des graines, et l’année d’après il y avait des plantes dans tous les pots. Je ne m’en étais pas occupé, je ne l’avais même pas arrosée. La pluie parisienne lui suffisait. Aucun animal n’est capable de faire ça ! […] Tandis qu’une plante, c’est absolument magique ! Elle est d’une autonomie absolue. Pas besoin de s’en occuper. Elle fait tout ce qu’elle a à faire indépendamment de moi. C’est ce qui m’a émerveillé et séduit.

© JM Peschard
Un botaniste de renom
Francis Hallé, botaniste de renom, spécialiste des arbres et plus particulièrement des forêts tropicales, avait suivi des études de biologie et de botanique à la Sorbonne. Dans les années 60, il enseigne à l’université de Brazzaville au Congo, puis à l’université Lovanium de Kinshasa. Il s’installe à Montpellier en 1971, où il enseigne l’écologie tropicale et l’agroforesterie à l’université. Cette ville lui servira également de base arrière pour ses nombreuses expéditions scientifiques à travers le monde.
La défense des forêts primaires
Défenseur infatigable des forêts primaires, il avait lancé en 2018 avec quelques amis et l’appui de son association, le projet de recréer une forêt primaire transfrontalière en Europe de l’Ouest, un projet dans lequel une forêt évoluerait de façon autonome, renouvelant et développant sa faune et sa flore sans aucune intervention humaine, et cela sur une période de plusieurs siècles. Il avait exposé les détails du projet dans un petit manifeste, Pour une forêt primaire en Europe de l’ouest (Actes Sud, 2021) et parcourait le territoire pour en expliquer la nécessité.
Pédagogue subtil, il adorait aller à la rencontre des plus jeunes pour leur transmettre son savoir et sa passion et leur conseillait fréquemment d’apprendre à dessiner les plantes.

© Francis Hallé
