Quelques questions à Víctor del Árbol
Vous avez été policier avant d'être auteur de polars. Votre expérience dans la police a-t-elle été source d'inspiration pour vos différents romans ?
Víctor del Árbol : Avoir été policier pendant vingt ans a été une école de vie qui m’a permis de connaître la nature humaine d’un point de vue inaccessible à la plupart des gens. Cette expérience nourrit une partie de mes romans, notamment en ce qui concerne la violence contre les enfants et contre les femmes.
J’essaie aussi de montrer que la justice et le droit ne coïncident pas toujours.
En vingt ans, le polar a énormément évolué. Que pensez-vous que les lecteurs attendent de retrouver dans un polar aujourd'hui ?
V. Á. : Je pense que les lecteurs s'attendent à une connexion critique avec la réalité de notre temps mais sans manipulation démagogique ni leçons morales, une intrigue agile mais sans renoncer au style, à la littérature et à la profondeur des personnages. Dans le polar d’aujourd’hui, nous cherchons à créer des liens émotionnels avec les autres sans pour autant renoncer à la complexité éthique, technologique et politique de nos sociétés modernes.
Que disent vos polars de l'Espagne contemporaine ?
V. Á. : Ils parlent de mémoire, de blessures qui ne se ferment pas, héritées du franquisme et d’un devoir envers les victimes réduites au silence par la répression. Mais aussi d’une société moderne, progressiste, européenne qui fait face aux maux du post-communisme, à la crise immobilière, à la corruption endémique de la classe politique, et cela avec l’énergie des nouvelles générations.
