
© Brian Hennigan
Jordan Harper
Né en 1976 dans le Missouri, Jordan Harper grandit avec un goût prononcé pour la musique et la lecture. Après des débuts dans la publicité, il se tourne vers le journalisme musical, devenant critique de rock, puis explore le monde de la télévision en tant que scénariste, participant notamment à la série Le Mentaliste. Parallèlement à sa carrière professionnelle, Harper nourrit une passion éclectique pour les livres de série B, les ouvrages de true crime et les manuels les plus improbables sur la criminalité. Cette curiosité pour les marges et les zones d’ombre de la société se retrouve bientôt dans son écriture. Après avoir mis de côté son premier roman, il décide d’autopublier un recueil de nouvelles âpres et sans concession. Ces textes attirent l’attention de l’agent littéraire Nat Sobel, figure légendaire du roman noir américain, qui a représenté des auteurs tels qu’Edward Bunker, Joseph Wambaugh ou James Ellroy. Sobel obtient pour Harper un contrat de deux livres chez Ecco : le recueil L’Amour et autres blessures (Actes Sud, 2017) et le roman La Place du mort (Actes Sud, 2019), halluciné et d’une violence fiévreuse. Ce dernier reçoit en 2018 l’Edgar Award du meilleur premier roman, et suscite l’admiration de S. A. Cosby, qui le classe parmi les œuvres majeures des trente dernières années. Porté par ce succès, Harper poursuit son exploration du crime sous toutes ses formes. En 2022, il publie Le Dernier Roi de Californie (Actes Sud, 2024), un roman noir puissant centré sur Luke Crosswhite, jeune homme confronté aux héritages toxiques de la violence familiale au cœur d’une Californie gangrenée par la guerre des clans. Acclamé pour sa prose percutante et immersive, le livre a su captiver un large public.
Alors que son écriture s’affirme, Harper voit ses deux passions, le cinéma et la littérature, fusionner lorsqu’il est choisi pour adapter L.A. Confidential de James Ellroy pour CBS. Cette immersion dans l’univers de son idole marque un tournant : il réalise qu’il est devenu un véritable “Angeleno”. Là où de nombreux auteurs de grit lit ou de country noir – Cosby, Eli Cranor, Daniel Woodrell – restent attachés aux territoires qu’ils dépeignent, Harper sent qu’il est allé au bout de son exploration du monde de la criminalité blanche pauvre. Il veut désormais raconter Los Angeles, Hollywood, le pouvoir – le monde contemporain dans lequel il vit. Cette orientation se concrétise avec Tout le monde sait (Actes Sud, 2026), une épopée noire où les secrets et la violence du monde moderne se révèlent avec une intensité rare. Cosby résume parfaitement l’effet du roman : “Lire Tout le monde sait, c’est comme si quelqu’un vous confiait un horrible secret.” Le livre connaît un accueil critique international remarquable, figurant parmi les finalistes des Lefty, Barry et Anthony Awards, ainsi que du Los Angeles Times Book Prize, et est désigné Editors’ Choice par le New York Times Book Review tout en intégrant la prestigieuse Indie Next List. En 2024, le roman est récompensé par le Ian Fleming Steel Dagger Award, consolidant la place de Jordan Harper parmi les auteurs incontournables du roman noir contemporain.