Les pastels la sauvent. Elle a toujours dessiné mais sa rencontre avec le commissaire d’exposition Louis Deledicq lui ouvre le « chemin de la liberté ». « Grâce à lui, ma volonté de peindre est devenue fondamentale. Et j’ai découvert ce petit peuple que je porte en moi et que j’ai appris à accueillir » : une population magnifique d’animaux extraordinaires, de figures enfantines, d’arbres rêveurs, d’éclats de songes plus ou moins sombres qui a formé, en une dizaine d’années, une œuvre d’art brut respectée, régulièrement exposée.
Le résumé
Les dessins viennent de derrière ma tête, presque sous la dictée. Et le derrière ma tête, je ne le connais pas. Ce qu’on peut, c’est s’approcher au plus près de quelque chose à l’intérieur qui veut voir la lumière, se soulever d’un vieux silence. Ce quelque chose se sert de mes mains, mes yeux, mon esprit pour vivre. Je ne suis pas la commandante, c’est ça le plus excitant. Quand on aime la vie, on peut aller faire son marché dans le monde obscur. Le dessin me permet de crier sans déranger les voisins. Et après, les gens viennent se reposer dans mon cri.