Édito
Lorsque j’ai créé les éditions Jacqueline Chambon, outre ce que j’avais appris pendant huit ans avec Hubert Nyssen, je n’étais sûre que de deux choses : ne publier ni des fonds de tiroirs ni “des livres que c’est pas la peine”, selon les mots de Paulhan. La Pianiste d'Elfriede Jelinek, donne une assez bonne idée de ce qu’allaient être mes choix futurs. Refusé en France par tous les éditeurs, car trop dérangeant, il était inclassable, iconoclaste et éminemment étonnant.
L’expérience m’a montré que cette singularité, cette façon d’offrir une réalité dépoussiérée de l’habitude, comme l’angle d’une photo découvre un coin de rue où l’on passe tous les jours sans le voir, était souvent la première pierre d’une œuvre à venir. Pour moi, c’est cela être éditeur, multiplier, par la grâce de la sensibilité unique d’un autre, notre expérience du monde et jouir de l’émerveillement renouvelé des premières fois.
- Jacqueline Chambon, fondatrice des éditions Jacqueline Chambon
Des séries policières devenues incontournables
La collection de polars, “Jacqueline Chambon noir”, s’est attachée à faire entendre la nouvelle sensibilité de la littérature policière, plus littéraire, dont Jan Costin Wagner, Friedrich Ani, Hélène Clerc-Murgier, Oliver Pötzsch, Walter Mosley ou encore Alex Berg sont de remarquables représentants.
Les éditions Jacqueline Chambon sont également reconnues pour la qualité de leur travail en sciences humaines et sociales, avec la collection “Rayon Philosophie”, ou encore en art avec l’illustre collection “Rayon Art”, qui a marqué plusieurs générations d’étudiants.
