“Les Fantômes de Shearwater” en sélection
Le mot des éditeurs
Chères libraires, chers libraires,
Dans une lettre de remerciement qu’elle vous adressait en ce début d’année, Charlotte McConaghy saluait votre enthousiasme et votre indispensable travail de prescription :
“J’ai passé une grande partie de ma vie dans des librairies, à discuter avec des libraires dont beaucoup m’ont fait découvrir des histoires qui me seraient certainement restées inconnues. Je suis consciente de votre « pouvoir », et je vous remercie d’assumer ce rôle essentiel : faire dialoguer des voix à travers les continents et les époques, pour des lecteurs qui, comme moi, ne sont jamais aussi heureux que lorsqu’ils flânent entre les rayonnages.”
En écrivant ces mots, l’autrice était alors loin de se douter – tout comme nous – que son nouveau roman, Les Fantômes de Shearwater, serait plébiscité par les librairies françaises en ce début d’année et que vous lui feriez l’honneur de le sélectionner pour la 71e édition de votre prix. Inutile de vous dire que cette nouvelle la ravit (nous aussi !).
Pour un éditeur, rien n’est plus émouvant que de voir un livre – aimé, lu et maintes fois relu, défendu avec passion, façonné avec soin – rencontrer l’adhésion des lecteurs, à commencer par les premiers d’entre eux, les plus attentifs et les plus exigeants : les libraires. Car si la conviction est toujours présente, la réussite n’est pas toujours au rendez-vous, et la rencontre n’a pas toujours lieu…
“Le Gardien du camphrier” en sélection
Le mot de l'éditeur
Ce roman, il est venu me parler de croyance. Après l’avoir lu pour la première fois, je suis resté assis, je ne suis pas tout de suite passé à autre chose, j’ai réfléchi à ce en quoi je croyais. Il n’est pas tout à fait question d’expérience religieuse ou transcendantale dans Le Gardien du camphrier (quoique), mais c’est un livre qui révèle ce en quoi on peut croire. Le lien humain. Familial (de sang ou la famille que l’on s’est choisie). Avant un dieu, ou peut-être avec un dieu, le lien est sans doute la toute première croyance. Croire en ce qui nous unit.
Ce nouveau roman de Keigo Higashino examine la force des liens entre les humains, sonde nos croyances personnelles. Et nous propose de ne pas tout de suite passer à autre chose, une fois le roman refermé. De rester un peu assis. Et de croire.
Merci de continuer à croire en Higashino et en la force de ses livres, de croire avec nous, merci pour ce que représente cette sélection au prix des libraires, cette confiance. On reste assis, on prend quelques minutes pour prendre la mesure de cette nouvelle et de ce qu’elle représente. Et on se dit qu’on n’est vraiment pas seuls à y croire. On est lié par l’arbre centenaire son gardien, Reito, et par la force déployée par l’auteur.
- David Gressot, éditeur domaine japonais
