Un dispositif romanesque d’une efficacité redoutable
Apparemment, si l’on adressait un vœu au camphrier du sanctuaire Tsukisato, il se réalisait. Cette tradition orale était autrefois connue des seuls habitants du coin, mais avec le développement d’Internet, l’endroit s’était fait largement connaître pour les bienfaits de son énergie spirituelle.
Le grand charme du livre tient à son dispositif, d’une simplicité presque souveraine. Il y a ce poste de gardien, cet arbre sacré, et la ronde des visiteurs qui viennent y déposer leurs attentes, leurs regrets, leurs secrets. Chacun arrive avec son histoire et ses blessures, et le roman avance ainsi, par touches successives, en laissant peu à peu affleurer ce qui relie tous ces destins.
Le camphrier est bien plus qu’un élément du décor : il devient un foyer silencieux autour duquel se nouent les drames intimes. Et c’est aussi grâce à lui que Reito, perdu au début du roman, apprend peu à peu à tenir sa place dans le monde.
