Ensemble, c’est tout
“Mes héros et héroïnes se débattent dans des situations difficiles, dont ils cherchent à se libérer. Mais qu’est-ce que la liberté ? J’essaie de montrer qu’il n’est pas toujours possible d’échapper à sa situation actuelle. Au contraire, il faut savoir accepter de se confronter à la réalité pour mieux vivre avec, même si le secret est lourd.”
Alors que Matsuko a retrouvé un travail et commence à apprécier sa nouvelle existence, elle apprend que son mari est malade. S’il surmontait la faillite avec difficulté, Atsushi accepte ce coup du sort sans se plaindre.
Comme toujours chez Shimazaki, la plus japonaise des écrivains de langue française, le choix de l’acceptation est la meilleure option des personnages face aux tragédies qui surviennent. Le concept bouddhiste de l’impermanence ne prône-t-il pas, sur le chemin de l’apaisement, de prendre conscience du caractère éphémère de toute chose ?
Désormais conscient de la brièveté de la vie, Atsushi décide de jouir de la beauté de la nature et, devant le spectacle d’une nuée d’étourneaux, de renouer avec sa passion pour l’ornithologie. Se rassembler par milliers et voler de concert, malgré des changements brusques de direction, est un phénomène fascinant que Matsuo, alias Monsieur Mukudori, va leur apprendre à décrypter. Aussi fascinant que la cohésion du couple, solidaire et uni face aux événements.
En emmenant Atsushi observer les oiseaux, dont il est spécialiste, naviguer et pêcher sur le lac Biwa, Matsuo le conduit également, par-delà les apparences, à poser un regard différent sur la nature, et sur la vie elle-même.