Cathédrale

Histoire des vivants, des morts, et de ceux qui ne les ont pas connus

À Enoch, ville-monde pervertie par l’argent et la cruauté des hommes, tous semblent chercher le pardon. Mais rares sont les innocents, et rares ceux qui n’obéissent qu’à une seule loi.
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Le résumé

Une nuit, dans la cité déchue d’Enoch, un garçon noir issu des quartiers miséreux est pris pour cible par la police. Corban Khôl ne souhaitait pourtant qu’une chose : découvrir la construction en cours de "la plus grande cathédrale du monde".
Quelques mois plus tard, alors que des nuées de corneilles se sont abattues sur les rues, Sarah Stavisky, une jeune étudiante a priori sans histoires, disparaît. Jonathan Lamm, affecté à l’enquête, sait qu’il doit faire vite : semant des cadavres sur son passage, la pègre pourrait bien être elle aussi à la recherche du coupable…
Tarik Noui signe ici un grand roman noir sur une humanité qui contemple sa propre fin et tente à toute force d’y échapper. Entre ténèbres et éclat, au cœur d’une ville qui dévore ses enfants : un lieu en devenir où tous pourront réclamer leur part de pardon. Mais, en enfer, rares sont les innocents, et rares ceux qui n’obéissent qu’à une seule loi.

Les ressources

Le mot de l'auteur

Ce qui m’intéresse, c’est l’irruption du miracle ; l’éventualité du merveilleux. Ce qui fait que l’on reste vivants. La ville d’Enoch, où se déroule l’action de Cathédrale, est un lieu sombre, mais qui contient en lui ce possible – ici la rédemption.

Question abyssale, terrifiante : comment se laver de ses fautes ? Jonathan le flic, Paul le repenti, Eton le dealer et Igor le parrain se retrouvent confrontés à cette interrogation. Ils tentent de l’éviter, de la contourner, mais se heurtent inévitablement à elle – et à leur propre échec. La ville les a façonnés et ne les laissera ni partir ni espérer changer. Enoch est à l’image d’une société qui assigne à chacun une place, marquée par la violence de la reproduction sociale. Les personnages du roman sont punis d’avoir voulu échapper à leur destin. À Enoch, tout doit rester à sa place : les laissés-pour-compte dans la trashbelt, les sans-abris autour du stade, les riches au centre-ville ; les autres nulle part.

Inventer Enoch, c’était en réalité prolonger une observation : celle des mécanismes invisibles qui enferment, que j’avais déjà vus à l’œuvre dans ma propre jeunesse. Je viens d’un milieu très populaire. J’ai grandi dans une cité HLM, dans les années 80-90. J’y ai vu la pauvreté, la violence, les drames – mais aussi quelques hommes et femmes qui espéraient s’extraire de leur condition. Beaucoup se retrouvaient prisonniers d’invisibles nasses qui ramenaient ceux qui n’étaient pas assez forts vers le giron de la misère. Certains se tournaient vers la religion, d’autres vers le jeu, d’autres encore s’avouaient vaincus. Et attendaient que quelque chose advienne.

Enoch ressemble à bien des villes d’Occident. Sa cartographie s’est dessinée peu à peu, au fil de l’écriture, et moi-même j’y ai découvert des lieux. Beaucoup rappellent New York, où j’étais en résidence d’écriture quand j’ai commencé le roman. Une cité contemporaine, maudite, viciée, abandonnée, et qui pourtant, un instant seulement, porte en elle une lumière fragile : l’innocence.

C’est cette tension, entre ténèbres et éclat, entre déterminisme et espoir, qui m’a guidé tout au long de l’écriture.

- Tarik Noui

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