Le résumé
"Je suis athée. Je suis anticlérical. Je suis un laïc militant, un rationaliste obstiné, un impie rigoureux. Et pourtant je me trouve ici, dans un avion à destination de la Mongolie en compagnie du vieux vicaire du Christ sur la terre, m'apprêtant à l'interroger sur la résurrection de la chair et la vie éternelle. C'est pourquoi je suis monté dans cet avion : pour demander au pape François si ma mère verrait mon père après sa mort, et pour transmettre sa réponse à ma mère. Voilà donc un fou sans Dieu poursuivant le fou de Dieu jusqu'au bout du monde."
Pour la première fois, le Vatican ouvre ses portes à un écrivain et lui garantit l'entière liberté de ses propos. À travers ce voyage aussi fascinant que décapant dans les périphéries - fussent-elles géographiques, narratives ou existentielles -, ce roman sans fiction est, à la vérité, un incroyable “page-turner” sur le plus grand mystère de l'histoire de l'humanité.
Les ressources
Le mot de l'auteur
L’énigme essentielle. En mai 2023, le Vatican m’a proposé d’écrire un livre sur le pape. On m’a dit “François va en Mongolie”, et j’ai pensé qu’il allait au bout du monde. “Vous pourriez vous joindre à lui ; vous pourriez aussi vous entretenir avec qui vous voulez – nous vous ouvririons les portes du Vatican, de toute l’église – et ensuite vous pourriez écrire le livre que vous voulez avec une liberté absolue : essai, chronique, biographie, roman, ce que vous voudrez. Considérez que le Vatican n’a jamais proposé cela à aucun écrivain.” Je suis resté perplexe. “Mais, vous ne savez donc pas que je suis un type dangereux” fut ma première réponse ; ou peut-être plutôt : “Vous êtes devenus cinglés, ou quoi ?”. Je suis né dans un pays catholique, mais je suis athée et anticlérical, ma perplexité était donc parfaitement justifiée. J’ignore pourquoi le Vatican avait pensé à moi : et c’est la seule question que je ne leur ai pas posée. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’aucun écrivain sain d’esprit n’aurait refusé une telle proposition.
Et voilà, plus de deux ans plus tard, Le Fou de Dieu au bout du monde. Bien qu’il traite d’un thème que je n’ai jamais abordé, il entre en résonance avec bon nombre de mes livres. D’une part, c’est un livre hybride, comme Les Soldats de Salamine, ou L’Imposteur – un mélange d’essai, de chronique, de biographie, d’autobiographie et d’autres choses encore ; le résultat de ce mélange est un roman – un roman sans fiction – parce qu’il n’y a que les romans qui parviennent à intégrer tous les autres genres, en les transcendant. D’autre part, ce livre est à sa manière, comme tous mes romans (et tous les romans qui comptent pour moi) un roman policier : au centre se trouvent une énigme et quelqu’un qui essaie de la déchiffrer, mais ici c’est une énigme essentielle. Quand le Vatican m’a fait cette proposition, j’ai d’abord pensé à ma mère, qui était profondément catholique et qui, après la mort de mon père, a commencé à se demander s’il lui serait donné de le revoir, comme le catholicisme le lui avait promis. J’ai donc décidé de partir avec le pape François au bout du monde pour lui demander si ma mère reverrait mon père au-delà de la mort, et pour rapporter sa réponse à ma mère. Voilà de quoi parle ce livre : d’un fou sans Dieu qui poursuit le fou de Dieu jusqu’au bout du monde pour l’interroger au sujet de la résurrection de la chair et de la vie éternelle.
- Javier Cercas